Purmamarca, Maimara & Tilcara. Premiers pas argentins !

Sur le vol Paris/Rio j’ai rencontré Jaildo, un artiste brésilien qui parle français. Il est venu discuter avec moi pendant l’escale, il cherche un nouveau point de vente pour ses sculptures à Sao Paulo (il a déjà une galerie à Paris). Pour me faire découvrir la cuisine de son pays il m’invite à manger quelques pao de queijo et à boire du guarana. Jaildo est ma première rencontre et ça ne sera pas la dernière. Quelques heures plus tard, je me retrouve à coté de Sara, une française qui vient pour un stage, le trajet est vite passé puisque nous avons discuté tout du long. Etant donné que je n’ai pas pris de téléphone, nous échangeons nos mails, il y a des cybercafés un peu partout ici, peut-être que nos chemins se recroiseront pendant le voyage.

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Une gare routière entre Buenos Aires et Rosario – Broken Boussole ©

Pour rejoindre le centre-ville j’ai pris un taxi (45 minutes de trajet) pour rejoindre le B&B Frossard. Premières déconvenues en perspective. Il faut savoir que la conduite de mon chauffeur de taxi a été très très sportive, j’ai cru avoir 5 accidents au moins pendant le trajet. les rétroviseurs des 6 files de voitures  se touchaient presque parfois. Une fois à l’hôtel j’ai compris un autre détail important, le symbole du peso argentin ressemble à celui du dollar. Sauf que sur le S du dollar il y a 2 barres et sur le S du peso il n’y en a qu’une. Je pensais que la nuit au B&B était de 50 pesos (ce qu’on m’avait confirmé pour ma réservation), en fait elle est de 50 dollars (38€). Enervant mais pas le choix, il faut que j’aille retirer de l’argent, direction la Calle Florida ou il y a plusieurs banques (Banco Patagonia, Banco Frances…).

Je ne souhaitais pas m’attarder à Buenos Aires, j’ai donc pris une carte et choisi une destination : Purmamarca, dans la cordillère des Andes, pas loin de la Bolivie. Après le check-out je me suis rendue à la gare routière dans le quartier de Retiro, ou je n’ai pas été très sereine. Un bus partait à 13h45 pour Jujuy. Les 22 heures de trajet sont vite passées, les bus argentins sont confortables. Il y a d’ailleurs une 1ère classe avec peu de sièges mais il sont plus grands et plus confortables (RDC) et une 2nde classe que j’ai trouvé très bien quand même (l’étage). Le 2ème conducteur met régulièrement des DVD pour que les passagers puissent voir la TV et sert des plateaux repas 3 fois par jour.

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Arrivée à Purmamarca – Broken Boussole ©

Les « Mochileros » voyageurs en sac à dos dorment dans des auberges, pas chez les habitants. Les habitants me l’ont dit, à moins d’avoir un cheval et de partir dans des estancias à 3 ou 4h d’ici, mon projet ne marcherait jamais. Les premiers doutes se sont installés à ce moment-là et j’ai dormi à l’auberge Viltipoco avec 2 danoises et un russe, le lendemain s’est résumé à des discussions avec les habitants (qui me prenaient clairement pour une folle), une visite des lieux et une nouvelle nuit dans une auberge (l’hospedaje).

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Promenade aux alentours de Purmamarca – Broken Boussole ©

A défaut de rencontrer des artisans/agriculteurs locaux, j’ai rencontré 2 groupes de français en Tour du monde : un couple basque Aude et Guillaume et 2 copines alsaciennes : Magali et Morgane. Malgré ces belles rencontres, je décide de partir au bout de 2 jours, c’est trop touristique, mon projet ne peut pas fonctionner ici.

MAIMARA : Machette & patates

Après 2 nuits en auberge à Purmamarca, et des adieux (Aude et Guillaume partent pour la Bolivie), j’ai décidé de prendre le bus pour un village voisin : Maimara (2700m d’altitude)

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La palette du peintre à Maimara – Broken Boussole ©

A l’inverse de Purmamarca ou les touristes sont nombreux, j’étais la seule Mochilera. Et l’accueil a été glacial. A un carrefour, un homme vendait des pommes de terre minuscules et une femme, des morceaux de viandes posés dans une brouette. J’ai essayé de discuter avec la femme qui s’est emparée d’une machette posée contre le mur… Autant dire que je suis partie très très rapidement, pour m’asseoir à même le sol dans une rue déserte. A ce moment précis, le vent balayait la rue, je m’attendais même à voir une boule de foin rouler devant moi, comme dans les films et surtout je me suis dit : mais putain qu’est-ce que je fous là ?! Pourquoi je suis venue là ?

Mon salut est venu d’une vieille dame qui passait par là. Je l’ai interpellé pour lui expliquer brièvement mon projet, elle a dû lire la détresse dans mes yeux… Elle m’a emmené voir un habitant du village qui gère une coopérative de patates andines « Papas andinas » : José. Il m’a posé quelques questions pour savoir d’ou je venais, quel âge j’avais, si je savais ou aller, puis il a décidé de m’offrir l’hospitalité aussi simplement que ça. José a une maison sans eau ni électricité près de la Palette du Peintre, mais il dort dans le hangar de la coopérative, il y a 2 mezzanines séparées. L’une ou il vit et l’autre ou sont entreposés les cagettes et le lit du chat, c’est là que j’ai passé presque 3 semaines. Pas d’eau chaude pour la douche, pas de frigo, pas d’internet, pas d’isolation, pourtant c’était parfait.

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Une petite rando dans les montagnes ? 😉  – Broken Boussole ©

J’ai travaillé dans la coopérative, à trier et empaqueter des pommes de terre notamment la Tuni Morada, avec Veronica, Gladys, Armando, Julia, Mayela et José. Ils se demandaient tous pourquoi j’étais partie de France pour trier des patates au fin fond de l’Argentine… On en a beaucoup rit. Surtout quand une équipe du Canal 7 est venue filmer le travail effectué par la coopérative. Dans l’équipe de tournage, il y avait un photographe avec qui j’ai sympathisé : Juan. Il sera question de lui un prochain article.

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Inès & Ebeline – Broken Boussole ©

Etant la seule touriste, j’ai sympathisé avec beaucoup de personnes dans le village, José qui a été mon sauveur, Emilio l’épicier, Veronica avec qui j’ai tellement ri en triant mes patates, Armando (qui au début ne m’aimait pas, mais qui a commencé à beaucoup plus m’apprécier quand il a su que je savais jouer au foot et marquer), Jacobo qui était fier de me montrer ses terres mais une m’a particulièrement marqué : Inès que j’ai rencontré en distribuant des coloriages, des gommettes, des puzzles pour les enfants du village (j’avais chargé mon sac avant de partir). Sa petite-fille, Ebeline, faisait partie des enfants. Elle est venue me remercier et m’a invité à venir voir la télé chez elle avec Ebeline, le programme s’appelait Recreo en Vos. Inès m’a parlé de son enfance à la Quiaca en Bolivie, de ses parents, de sa soeur dont elle a perdu la trace il y a plus de 30 ans… Aujourd’hui elle a 74 ans et vit dans 20m². Elle me montre la fierté de la famille accrochée au plafond : un condor empaillé, et je peux vous dire que c’est énooorme.

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Jacobo – Broken Boussole ©

Ces quelques semaines passées à Maimara ont été magiques, j’ai pu en profiter pour visiter Tilcara l’espace de quelques heures, et pour essuyer un échec avec les Salineros à Salinas Grandes, mais j’ai rencontré des gens merveilleux !

Tilcara, une heure et puis s’en va

Je suis allée à Tilcara pour 2 raisons : la curiosité de voir un village classé au patrimoine mondial de l’humanité, et le besoin de trouver un cyber café pour enfin donner des nouvelles à la famille (3 semaines de silence radio… Imaginez un peu). J’ai donc pris un « remis » à Maimara pour 0,40 € et je me suis retrouvée au milieu d’une foule de touristes, comme à Purmamarca.

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Arrivée dans Tilcara – Broken Boussole ©

Je ne me suis pas attardée dans le village, mais il faut aller voir la Pucara de Tilcara (une forteresse en pierre construite par les indiens).

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Seule au monde sur la route de Tilcara – Broken Boussole ©

Pour le retour à Maimara j’ai choisi de faire les 8 kilomètres à pied, pour le plaisir de marcher le long d’une voie de chemin de fer,  seule au monde 🙂

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