Périple dans la Cordillère des Andes : bienvenue en Argentine

Escale à Rio & passage rapide à Buenos Aires

Sur le vol Paris/Rio j’ai fait ma première rencontre : un artiste brésilien, Jaildo. Après une discussion autour de quelques pão de queijo et d’un guarana, nous repartons chacun de notre côté. Quelques heures plus tard, je me suis retrouvée à coté de Sara, une française qui vient à Buenos Aires pour un stage. Le trajet est vite passé puisque nous avons discuté jusqu’à l’atterrissage.

32955241_2063249110597841_1009376520684175360_n
Une gare routière entre Buenos Aires et Rosario – Broken Boussole ©

Le centre-ville se situe à 45 minutes de l’aéroport. En atterrissant j’ai pris un taxi, mais pour le retour j’avais choisi l’option bus, beaucoup moins onéreuse puisqu’à l’époque ça m’avait coûté 2 pesos. J’ai vécu ma première déconvenue en arrivant au B&B Frossard. Le symbole du peso argentin ressemble à celui du dollar. Sauf que sur le S du dollar il y a 2 barres et sur le S du peso il n’y en a qu’une. Je pensais que la nuit au B&B était de 50 pesos (ce qu’on m’avait confirmé pour ma réservation), en fait elle est de 50 dollars (38€)… Bienvenue !

Je ne souhaitais pas m’attarder à Buenos Aires, j’ai donc pris une carte et choisi une destination un peu au hasard : Purmamarca, dans la cordillère des Andes, pas loin de la Bolivie. Après le check-out je me suis rendue à la gare routière dans le quartier de Retiro.

J’ai acheté un billet de bus pour Jujuy, ville située à 22 heures de trajet de la capitale. Les bus argentins sont confortables. Il y a d’ailleurs une 1ère classe avec peu de sièges mais ils sont plus grands et plus confortables (au RDC des bus) et une 2nde classe que j’ai trouvé très bien quand même (à l’étage).

33021454_2063249033931182_2872775105988001792_n
Arrivée à Purmamarca – Broken Boussole ©

Purmamarca, le rendez-vous manqué !

En arrivant à Jujuy, j’ai directement acheté un billet pour le premier bus en partance pour Purmamarca. Cette fois-ci le bus était… pourri 😉 Le pire ? Le ressort qui sortait du siège ? Le pare-brise fissuré en étoile? Ou la porte bloquée tout le trajet en position ouverte? 😉

En arrivant dans le village : deuxième déconvenue. Je comptais dormir chez les personnes rencontrées sur ma route. Manque de bol, Purmamarca est une destination dite touristique. Et les argentins m’ont expliqué qu’ici, les « mochileros« , les voyageurs en sac à dos dorment dans des auberges, pas chez les habitants.

Bilan ? Échec sur échec auprès des locaux, j’ai donc dormi à l’auberge Viltipoco avec 2 danoises et un russe le premier soir. Le lendemain, après de nouvelles discussions avec les habitants (qui me prenaient clairement pour une tarée) et une visite des lieux, j’ai passé la nuit dans une autre auberge : l’hospedaje.

32969645_2063249157264503_1364834100069793792_n
Promenade aux alentours de Purmamarca – Broken Boussole ©

A défaut de rencontrer des artisans/agriculteurs locaux, j’ai rencontré 2 groupes de français en tour du monde : un couple basque Aude et Guillaume et 2 copines alsaciennes : Magali et Morgane. Malgré ces belles rencontres, j’ai décidé de partir de Purmamarca au bout de 2 jours. Le village est trop touristique, mon projet ne pouvait pas fonctionner là-bas.

Découverte du village voisin : Maimará

Maimará est un village situé à 2700 mètres d’altitude, à quelques kilomètres de Purmamarca. Là-bas, les touristes étaient nombreux, à Maimará j’étais la seule mochilera. Et l’accueil a été… glacial.

Mise en scène de ma 3ème déconvenue (oui j’ai pris très cher pour mes débuts de baroudeuse) : à un carrefour, un homme vendait des papas andinas (pommes de terre) et une femme, proposait des morceaux de viandes posés dans une brouette (déjà utilisée pour des travaux de maçonnerie et pas nettoyée bien sûr). J’ai essayé de discuter avec la femme qui s’est emparée d’une machette posée contre le mur… Autant dire que je suis partie très trèèèèèès rapidement, pour m’asseoir à même le sol dans une rue déserte. À ce moment précis, le vent balayait la rue, je m’attendais même à voir une boule de foin rouler devant moi, comme dans les films et surtout je me suis dit : mais putain qu’est-ce que je fous là ?!

32962970_2063249163931169_8410196850681839616_n
La palette du peintre à Maimara – Broken Boussole ©

Mon salut est venu d’une vieille dame qui passait par là. Je l’ai interpellé pour lui expliquer brièvement mon projet, elle a dû lire la détresse dans mes yeux… Elle m’a emmené voir un habitant du village qui gère une coopérative de patates andines « Papas andinas » : José.

Lui m’a posé quelques questions pour savoir d’ou je venais, quel âge j’avais, si je savais ou aller, puis il a décidé de m’offrir l’hospitalité aussi simplement que ça. José possède une maison sans eau ni électricité près de la Palette du Peintre, mais il dort dans le hangar de la coopérative, il y a 2 mezzanines séparées. L’une ou il vit et l’autre ou sont entreposés les cagettes et le matelas du chat, c’est là que j’ai passé presque 3 semaines. Pas d’eau chaude pour la douche, pas de frigo, pas d’internet, pas d’isolation (j’ai cru perdre – vraiment – mes orteils la première nuit…), pourtant c’était parfait.

33059941_2063249200597832_5861064302294728704_n
Une petite rando dans les montagnes ? 😉  – Broken Boussole ©

J’ai travaillé dans la coopérative, à trier et empaqueter des pommes de terre notamment la Tuni Morada, avec Veronica, Gladys, Armando, Julia, Mayela et José. Ils se demandaient tous pourquoi j’étais partie de France pour trier des patates au fin fond de l’Argentine… On en a beaucoup rit. Surtout quand une équipe du Canal 7 est venue filmer le travail effectué par la coopérative. Dans l’équipe de tournage, il y avait un photographe avec qui j’ai sympathisé : Juan. Il sera question de lui un prochain article. puisque de fil en aiguille, j’ai arpenté l’Argentine au gré de mes rencontres 🙂

33111423_2063249003931185_4360686428842098688_n
Inès & Ebeline – Broken Boussole ©

Etant la seule touriste, j’ai sympathisé avec beaucoup de personnes dans le village :

  • José qui a été mon sauveur,
  • Emilio l’épicier,
  • Veronica avec qui j’ai tellement ri en triant mes patates,
  • Armando (qui au début ne m’appréciait pas, mais qui a commencé à beaucoup plus m’apprécier quand il a su que je savais jouer au foot #RenardDesSurfaces…),
  • Jacobo qui était fier de me montrer ses terres.

Parmi ces rencontres, une m’a particulièrement marqué : Inès que j’ai rencontré en distribuant des coloriages, des gommettes, des puzzles pour les enfants du village (j’avais chargé mon sac avant de partir – Merci Super U pour les dons !). Sa petite-fille, Ebeline, a récupéré un puzzle et des ballons gonflables, c’est à dire bien peu. Pourtant, Inès est venue me remercier et m’a invité à venir voir la télé chez elle avec Ebeline. Elle m’a parlé de son enfance à la Quiaca en Bolivie, de ses parents, de sa sœur dont elle a perdu la trace il y a plus de 30 ans… Ces quelques semaines passées à Maimará ont été magiques

33136376_2063249040597848_5341502525109436416_n
Jacobo – Broken Boussole ©

Tilcara, une heure et puis s’en va

Pendant mon séjour à Maimará, je suis allée à Tilcara pour 2 raisons :

  • la curiosité de voir un village classé au patrimoine mondial de l’humanité,
  • le besoin de trouver un cyber café pour enfin donner des nouvelles à la famille (3 semaines de silence radio… Imaginez un peu le degré d’énervement de ma mère au bout de 50 mails sans signe de vie 😉 …)

J’ai donc pris un « remis » (un taxi partagé) à Maimará pour 0,40 € et je me suis retrouvée au milieu d’une foule de touristes, comme à Purmamarca.

33066092_2063249103931175_4451881813035450368_n
Arrivée dans Tilcara – Broken Boussole ©

Au final, je ne me suis pas attardée dans le village, mais il faut aller voir la Pucara de Tilcara : une forteresse en pierre construite par les indiens.

32972104_2063248977264521_8186076751277850624_n
Seule au monde sur la route de Tilcara – Broken Boussole ©

Pour le retour à Maimará j’ai choisi de faire les 8 kilomètres à pied, pour le plaisir de marcher le long d’une voie de chemin de fer,  seule au monde 🙂

Salinas Grandes, le désert de sel ♥

Avant de partir pour l’Argentine, j’avais vu un reportage sur les salineros en Bolivie. J’avais envie de découvrir en quoi consistait ce métier, de voir comment les « hommes de sel » vivaient. J’ai essuyé un refus à Salinas Grandes, mais j’ai quand même pu discuter avec Marcelo pendant quelques heures.

Un bus local passe à Purmamarca pour se rendre à Susques en passant par Salinas Grandes. J’ai essayé 2 jours de suite de prendre le bus local pour me rendre au désert de sel. La 1ère fois le bus ne s’est pas arrêté, la 2ème fois il était rempli à +150% de la capacité normale d’un bus.

J’ai donc pris un « remis » spécial touristes. Ils sont basés dans le centre du village et le trajet A/R coûte 160 pesos (une fortune comparée aux trajets de bus pour sillonner le pays). Pour réduire le coût à 40 pesos, il fallait que je trouve 3 autres touristes qui souhaitaient se rendre là-bas. En quelques minutes j’ai sympathisé avec une mère et sa fille qui venait de San Juan, et une espagnole de Valence. A nous 4, le compte était bon, ou du moins plus abordable.

32808408_2063260067263412_1318363047848312832_n
Sur la route de Salinas Grandes – Broken Boussole ©

Les Salines sont situées à 3300 mètres d’altitude mais pour les rejoindre il faut passer un col à 4170 mètres d’altitude. Vitesse de pointe du remis : 40 km/h. Au bout d’une heure trente de trajet nous sommes arrivées aux salines. Elles paraissent petites, mais en marchant sur l’étendue blanche, on se rend vite compte de l’immensité du lieu.

Il m’a fallu 30 minutes pour rejoindre les salineros dans les piscines d’extraction. Ils sont couverts des pieds à la tête, avec des sacs, des gants, des cagoules. Le 6ème ou 7ème salinero avec qui j’ai parlé m’a expliqué que je ne pourrais pas venir avec eux « trop de pauvreté, pas assez de confiance, m’avoir avec eux ne leur apporterait rien ». Tant pis, il m’apprendra quand même beaucoup de choses.

J’ai écrit de nombreuses pages à ce sujet dans mon rapport, mais je me contenterai d’un résumé plus bref sur le blog. L’étendue blanche fait 540 km², la température peut atteindre les 40°, le sel brûle la peau, comme le soleil et sa réverbération. De mars à décembre l’eau ne recouvre pas les lieux, et les salineros extraient le minerai en creusant des piscines « piletas » dans la croûte de sel. Chaque pileta peut produire environ 2,5 tonnes de sel par an. En 2 jours, les salineros peuvent extraire jusqu’à 1 tonne de sel. Les cristaux sont en dessous de la croûte de sel, il faut les extraire et les laisser sécher au soleil. Ensuite le sel est empaqueté dans des sacs de 50 kilos. Le sac se vendait à peu près 0,6 peso, et la recette est divisée entre les salineros.

32932035_2063260080596744_3316919353399574528_n
 Salinas Grandes – Broken Boussole ©

Certains salineros viennent de Colorado, un village situé à quelques kilomètres. Marcelo m’explique qu’avant ils venaient travailler à pied ou à vélo, maintenant certains ont une moto. Ils commencent à travailler à 15 ans, les plus habiles sculptent le sel pour vendre des lamas / cactus / cendriers en sel aux touristes. Un salinero travaille 10 heures par jour du lundi au vendredi. Entre janvier et février, les fortes pluies recouvrent le désert d’une mer salée. Les salineros doivent donc vivre des réserves stockées entre mars et décembre.

Marcelo m’a expliqué que malheureusement son fils serait salineros parce que ce métier « est un fardeau héréditaire », que l’état avait « abandonné » les salineros, que des compagnies privées en profitait en prêtant le matériel nécessaire à l’extraction de sel, et en rachetant ce même sel à des tarifs misérables. Voilà ce que j’ai découvert à Salinas Grandes, des paysages magnifiques et des hommes qui souffraient.

32958031_2063259967263422_7034763973916360704_n
Un salinero récoltant du sel – Broken Boussole ©

Salta la linda : la ville qui mérite son surnom « la belle »

Du repos ! Voilà pourquoi je suis partie à Salta après mon périple près de la frontière bolivienne. Pour visiter et profiter d’une ville un peu plus urbanisée. Je suis partie en bus de Tilcara, l’aller simple m’a coûté 46 pesos soit 9€.

Pendant ce trajet j’ai vécu mon premier contrôle de police. C’est assez impressionnant : contrôle des passeports de tous les passagers, contrôle des bagages en soute par un chien… J’ai aussi appris qu’il fallait laisser un pourboire à tous les hommes qui jetaient votre sac en soute ou par terre selon l’humeur. Sauf si c’est le chauffeur du bus qui le fait, là c’est gratuit.

33077450_2063260007263418_5481966784825262080_n
Le parc San Martin – Broken Boussole ©

Pour faire bref, j’ai adoré cette ville ! Son architecture, ses maisons aux toits plats, ses maisons de style colonial, ses vendeurs de pommes d’amour, de pop-corn et d’empanadas, ses palmiers, ses parcs, ses rues piétonnes…

33067067_2063259937263425_1227102659324936192_n
Le convento San Francisco – Broken Boussole ©

Si vous y allez, il faut absolument monter en haut du Cerro San Bernardo. J’ai choisi de monter à pied (1.021 marches de pierre sur 1400 mètres de hauteur) pour admirer le panorama et le coucher de soleil. Redescendre le Cerro de nuit sans lumière aurait été mal avisé, j’ai donc pris le téléphérique pour revenir (10 pesos l’aller simple).

32952119_2063260003930085_8172763374862467072_n
Le téléphérique pour monter au Cerro San Bernardo – Broken Boussole ©

Pendant ce court séjour j’ai rencontré Kerwin et Solenn, 2 français avec qui j’ai beaucoup vadrouillé, ri, mangé et bu… Après avoir pris un apéro argentin (Malbec) dans le parc de San Martin, on a testé un restaurant le Cerro San Bernardo.

Pour 8€ par personne on a eu 600g d’entrecôte + 300g de frites avec de la picada + 1 bouteille de vin… Et ce n’est pas un mythe, la viande argentine est à tomber… Pour les vins j’ai beaucoup aimé le Torrontes (vin blanc sucré) et le Malbec (vin rouge).

33032562_2063260013930084_2619186827944263680_n
Vue sur Salta depuis le Cerro San Bernardo – Broken Boussole ©

À la rencontre des habitants de Cafayate

Après ce court séjour à Salta j’ai rejoint Cafayate, un village réputé pour ses vins et ses fromages.  J’y ai passé un peu moins de 2 semaines et le séjour a été fantastique !

Un trajet Salta/Cafayate en bus coûte 39$ soit moins de 8€. En terme de prononciation, Cafayate se prononce Cafachaté. En Argentine les sons -ll et -y se prononcent -ch. Il y a aussi des particularités liées au vocabulaire, par exemple l’argent liquide se dit « plata » en Argentine mais en Espagne on dit « dinero », car plata désigne le métal argent.

33064921_2063285197260899_6700466332598534144_n
Sur le toit de l’auberge – Broken Boussole ©

Le trajet de bus a été assez chaotique, mais j’ai rencontré 2 nouveaux voyageurs : Florence (une québécoise) et Aby (un indien). Florence ne savait pas ou elle poserait son sac, moi non plus, et nous avons vite repéré une petite auberge de jeunesse à coté de la station de bus : El balcón. J’y ai passé les meilleures soirées de mon séjour.

Le premier soir nous avons bricolé l’installation du siècle pour faire cuire notre pizza maison avec Florence (coût de revient : 1€ par personne). Le four ne fonctionnait pas, alors nous avons utilisé une plaque en fer et une poêle à paëlla sur un barbecue pour faire cuire notre chef d’œuvre, ce qui a officialisé notre statut de « cuisinières » de l’auberge.

Pour continuer dans la lignée gastronomie pas chère, je dois absolument vous parler de la Casa de las Empanadas située à coté de l’église. Les empanadas sont des petits chaussons farcis, à titre personnel j’ai craqué pour plusieurs goûts : tomates/basilic, fromage, jambon cru/fromage, fromage/oignon (le meilleur !). 10$ les 5 empanadas soit 2€ ! Et la patronne est adorable. Il y a également d’autres plats typiques comme : la salteña de carne, des humitas y tamales, des postres et du vin régional 🙂

On trouve également un peu partout dans la rue des barbecues ambulants qui vendent des Choripan et des Papucha. Le choripan est un sandwich à la saucisse grillée, de la salade et des tomates, la papucha c’est un cornet de frites. 5$ l’ensemble soit 1€, et ça tient bien au corps.

Pizza maison, empanadas, papucha & choripan – Broken Boussole ©

Petit hors-sujet d’importance : certaines auberges ont un bidon d’eau sur le toit, et l’eau du robinet à l’étage y est parfois rattachée. Elle n’est pas potable et rend malade. Très malade, et c’est du vécu.

J’ai passé 4 nuits à l’auberge El Balcon pour 120$ soit 24€ + une nuit gratuite le jour de mon anniversaire sur présentation de mon passeport. J’y ai rencontré tellement de personnes sympathiques…

  • Juliana une argentine (que j’ai retrouvé à la fin de mon périple dans son appart de Buenos Aires)
  • Guillaume un belge avec qui j’étais tout le temps au stand de papucha,
  • Loïc un suisse (que je recroiserai par un total hasard à Puerto Iguazu),
  • Vicente un papi porteño (les porteños sont les habitants de Buenos Aires) qui m’a invité à manger des empanadas et qui m’a présenté à Elba (chez qui j’ai passé une semaine),
  • Nico et Sergio qui travaillent dans l’auberge et qui m’ont joué un air de guitare dans l’anfiteatro (ah la drague argentine…)
  • et des brésiliennes qui nous ont fait goûter leur caïpirinha maison pour mes 19 ans… #GrosseMine

Pour ce premier anniversaire à l’étranger je ne pouvais pas être mieux entourée 🙂

33040211_2063284887260930_4402379213982662656_n
Un gaucho – Broken Boussole ©

Pendant mon séjour à Cafayate, j’ai vécu un grand moment :  l’Argentine a fêté ses 200 ans d’indépendance le 25 mai 2010. Tous les villages aux alentours préparaient le défilé en costumes traditionnels depuis des mois : enfants, pompiers, gauchos, pilotes de motocross, étudiants, cavaliers de shetlands… Tout le monde a défilé au son des coups de canon pendant 2 heures.

Quelques photos du défilé – Broken Boussole ©

Délia, tisseuse de Cafayate, une rencontre marquante

J’ai rencontré Délia en suivant les indications d’autres personnes rencontrées à Cafayate. Elle a 17 ans, un fils de 4 ans Mariano, et elle vit chez ses parents avec ses 8 frères et sœurs et le lama de la famille. J’ai seulement passé 2 jours chez eux mais humainement ça a été assez dur. Délia est la seule tisseuse de sa famille, sa grand-mère lui a appris à travailler la laine quand elle avait 9 ans. Elle tisse 2 châles « triangulo » par jour.

33035977_2063284847260934_4170907874324643840_n
La laine en phase de séchage – Broken Boussole ©

La matière première est la laine de mouton ou de lama, mais celle du mouton est plus utilisée car elle est plus solide et s’étire plus facilement (par contre elle a une odeur très très forte !). Les lainages utilisés ont des couleurs naturelles : le noir, le marron et le blanc. Ils sont achetés à Jarimana ou Pampallana. Le lavage de la laine se fait le dimanche, et c’est Facundo, le père de Délia qui s’en charge en utilisant de l’eau et des herbes. La laine sèche ensuite au soleil pendant 1 semaine complète.

32983285_2063284853927600_1994253341026156544_n
Delia – Broken Boussole ©

Délia travaille sur une armature cloutée avec un crochet. Elle a souvent des tendinites, mais elle continue à tisser pour faire vivre sa famille. Délia n’a jamais été à l’école. Chaque triangulo est acheté 30$ par un intermédiaire puis vendu entre 60 et 80$ sur des marchés. Elle ne veut pas vendre elle même les triangulos car elle préfère tisser et rester avec son fils. Délia fait partie des personnes que j’ai sincèrement admiré pendant ce voyage.

La fabrique « Cabras de Cafayate »

Pendant mon séjour à Cafayate, j’ai rencontré Elba qui m’a hébergé pendant 1 semaine. Elle a été un vrai rayon de soleil, toujours une cigarette à la main, toujours en train de s’occuper de ses plantes, toujours le mot pour rire et toujours une tonne d’histoires à me raconter.

Notamment sur la vie à Cafayate, sur les investisseurs étrangers qui exproprient les habitants pour augmenter la taille des vignobles ou construire des golfs. Néanmoins, elle m’a raconté une belle histoire sur Mr Domingo (propriétaire des auberges El Balcon, Cafayate Hostel, la puna et de la bodega Domingo Hermano. Cet homme a toujours vécu à Cafayate, il acheté 60 terrains et construit 60 maisons aux habitants expropriés par ses concurrents, il paye ses salariés 10% plus cher que les autres bodegas et il est très respecté.

33074182_2063284820594270_1011097638633734144_n
Le troupeau de las cabras de Cafayate – Broken Boussole ©

Sur les bons conseils d’Elba, j’ai pu aller visiter une fabrique de fromage : Cabras de Cafayate. La fabrique appartient à Mr Domingo. Ici, il y a 500 chèvres dont 400 chèvres laitières de 3 races différentes : la sannen de suisse (blanche, elle produit 2 litres de lait par jour), l’anglo-nubian d’Angleterre (marron et noire, elle produit 1 litre de lait par jour) et la boher d’Afrique du Sud (marron et noire avec de grandes oreilles, qui ne produit pas de lait, mais de la viande).

33022001_2063284790594273_7041097199547056128_n
En pleine pause & pose photo 😉 – Broken Boussole ©

Une chèvre a une espérance de vie de 7 ans, les mâles vivent jusqu’à 12 ans. A part le foin sec et vert, les chèvres se nourrissent d’algarrobos (un fruit qui abonde dans la région) et d’orujo. L’orujo c’est le marc de raisin qui a séché au soleil. Ces restes de raisin proviennent de la « poda », la coupe des ramifications dans les vignobles de la fabrique. Il y a également 20 vaches depuis 2009, qui produisent 350 litres de lait par jour. Les chèvres produisent 550 litres de lait qui sera conservé à 4°. Pour faire 1 kilo de fromage semi-dur il faut 10 litres de lait et entre 60 et 80 jours de maturation.

Environ 10 000 kg de fromage sont produit tous les ans : des fromages au lait de vache, lait de chèvre et piment, lait de chèvre et vache, lait de chèvre et herbes, lait de vache et poivrons, lait de vache et piment. 80% de la production est exportée vers Salta et Cafayate, le reste part dans d’autres provinces.

Après autant d’explications, j’ai eu le droit à une dégustation, et franchement c’est pas mal 😉

Les ruines Quilmes

Pendant mon séjour à Cafayate, Florence m’a embarqué pour 1 journée découverte des alentours. Nous sommes allées visiter les ruines Quilmes ainsi que la Quebrada de las Conchas. Les ruines sont situées dans un site archéologique des Vallées Calchaquies à une cinquantaine de kilomètres de Cafayate. L’entrée coûte 2$ soit 0,4€.

33026093_2063285317260887_482052006723190784_n
Las ruinas Quilmes – Broken Boussole ©

Les indiens Quilmes ont ici résisté pendant plus d’un siècle aux conquêtes espagnoles. Les ruines s’étendent au pied du Cerro Alto del Rey. Les constructions étaient sous terre pour permettre aux indiens de résister au vent froid et violent de la vallée. Les édifices de forme ronde servaient de demeures aux Quilmes tandis que les constructions carrées abritaient les réserves de nourriture et les lieux d’artisanat.

33060336_2063285343927551_7067893105369808896_n
Les ruines quilmes depuis les hauteurs – Broken Boussole ©

Quilmes est aussi le nom d’une bière argentine, mais ça c’est juste pour info 😉

La quebrada de las conchas

Une agence à Cafayate propose des excursions dans la quebrada, mais nous avons choisi d’y aller au petit bonheur la chance avec Florence. Je n’ai donc pas de tarif à donner puisque ça ne nous a rien coûté. Les paysages qui s’étendent sur une cinquantaine de kilomètres valent le détour, la sédimentation et l’érosion ont fait des miracles ici. Le contraste et les couleurs sont également au rendez-vous.

33154354_2063285110594241_6899328214666051584_n
Le rio de las conchas – Broken Boussole ©

L’hiver, le rio de las conchas s’assèche. Plusieurs lieux sont à voir : el sapo, la ventana y el castillo. Il y a également la Garganta del Diablo et l’Anfiteatro, une grotte à l’acoustique exceptionnelle où Sergio et Nico nous ont joué un concert à la guitare sèche.

32980307_2063285080594244_3208533654661758976_n
Dans la quebrada de las conchas – Broken Boussole ©

Petite information supplémentaire : attention à l’utilisation du mot « concha » en Argentine, c’est l’équivalent du mot « conejo » en Espagne… 😉

33154344_2063285040594248_7561129211226750976_n
Les gorges du diable – Broken Boussole ©

.

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s