Salinas Grandes, le désert de sel ♥ & Salta la linda : la ville qui mérite son surnom

Avant de partir pour l’Argentine, j’avais vu un reportage sur les salineros en Bolivie. J’avais envie de découvrir en quoi consistait ce métier, de voir comment les « hommes de sel » vivaient. J’ai essuyé un refus à Salinas Grandes, mais j’ai quand même pu discuter avec Marcelo pendant quelques heures.

Il faut savoir qu’un bus local passe à Purmamarca pour se rendre à Susques en passant par Salinas Grandes. J’ai quitté Maimara avec mon sac en pensant partir pour 1 semaine dans le désert. Première difficulté, le chauffeur de bus à Maimara m’a dit qu’il passait par Purmamarca dans son itinéraire, mais en fait non. J’ai été larguée à plus de 10 kilomètres de Purmamarca avec 2 autres personnes. J’ai demandé aux argentins si quelqu’un passait les récupérer mais non, ils attendaient un remis.

Mon problème est le suivant : il me reste un billet de 50 pesos (10 €), sauf qu’ici personne n’a jamais de monnaie (Pendant tout mon voyage, dans les épiceries on me rendait la monnaie en bonbons). J’ai donc décidé de partir à pied. Au bout d’un kilomètre j’étais en sueur avec mes 2 gros sacs et une gourde vide… et j’ai croisé un policier au bord de la route, tout seul. Je l’ai salué et j’ai continué ma route. 5 minutes après une jeep de police s’est arrêtée devant moi. Le fameux policier m’a demandé si j’allais au village, et ils m’ont proposé de m’emmener. J’ai accepté bien sûr. Je me suis retrouvée au village en même temps que les passagers du remis. Par contre j’ai appris un peu plus tard par des argentins, qu’il était très dangereux d’accepter de monter avec des policiers parce qu’apparemment, de faux policiers circulent entre les frontières chiliennes, argentines et boliviennes pour dépouiller les touristes.

Pour me rendre à Salinas Grandes, j’ai essayé 2 jours de suite de prendre le bus local pour me rendre au désert de sel. La 1ère fois le bus ne s’est pas arrêté, la 2ème fois il était rempli à +150% de la capacité normale d’un bus. J’ai donc pris un « remis » spécial touristes. Ils sont basés dans le centre du village et le trajet A/R coute 160 pesos (une fortune comparée aux trajets de bus de plus de 20h à travers le pays). Pour réduire le cout à 40 pesos il fallait que je trouve 3 autres touristes qui souhaitaient se rendre là-bas. En quelques minutes j’ai sympathisé avec une mère et sa fille qui venait de San Juan, et une espagnole de Valence. A nous 4 le compte était bon.

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Sur la route de Salinas Grandes – Broken Boussole ©

Les Salines sont à 3300 mètres d’altitude mais pour les rejoindre il faut passer un col à 4170 mètres d’altitude. Vitesse de pointe du remis : 40 km/h. Au bout d’une heure trente de trajet nous arrivons aux salines. Elles paraissent petites, mais en marchant sur le sel on se rend vite compte de l’immensité du lieu. Il m’a fallu 30 minutes pour rejoindre les salineros dans les piscines d’extraction. ils sont couverts des pieds à la tête, avec des sacs, des gants, des cagoules. Le 6ème ou 7ème salinero avec qui j’ai parlé m’a expliqué que je ne pourrais pas venir avec eux « trop de pauvreté, pas assez de confiance, m’avoir avec eux ne leur apporterait rien ». Tant pis, il m’apprendra quand même beaucoup de choses.

L’étendue blanche fait 540 km², la température peut atteindre les 40°, le sel brûle la peau, comme le soleil et sa réverbération. De mars à décembre l’eau ne recouvre pas les lieux, et les salineros extraient le minerai en creusant des piscines « piletas » dans la croute de sel. Chaque pileta peut produire environ 2,5 tonnes de sel par an. En 2 jours, les salineros peuvent extraire jusqu’à 1 tonne de sel. Les cristaux sont en dessous de la croute de sel, il faut les extraire et les laisser sécher au soleil. Ensuite le sel est empaqueté dans des sacs de 50 kilos. Le sac se vendait à peu près 60 centimes de peso, et la recette est divisée entre les salineros.

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 Salinas Grandes – Broken Boussole ©

Certains salineros viennent de Colorado, un village situé à quelques kilomètres. Marcelo m’explique qu’avant ils venaient travailler à pied ou à vélo, maintenant certains ont une moto. Ils commencent à travailler à 15 ans, les plus habiles sculptent le sel pour vendre des lamas / cactus / cendriers en sel aux touristes. Un salinero travaille 10 heures par jour du lundi au vendredi. Entre janvier et février, les fortes pluies recouvrent le désert d’une mer salée. Les salineros doivent donc vivre des réserves stockées entre mars et décembre.

Marcelo m’a expliqué que malheureusement son fils serait salineros parce que ce métier « est un fardeau héréditaire », que l’état avait « abandonné » les salineros, que des compagnies privées en profitait en prêtant le matériel nécessaire à l’extraction de sel, et en rachetant ce même sel à des tarifs misérables. Voilà ce que j’ai découvert à Salinas Grandes, des paysages magnifiques et des hommes qui souffraient.

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Un salinero récoltant du sel – Broken Boussole ©

Un peu plus tard, j’ai pris la décision de passer 2 jours à Salta (surnommée Salta la belle) pour visiter et profiter d’une ville un peu plus urbanisée. Je suis partie en bus de Tilcara, l’aller simple a couté 46 pesos soit 9€. Pendant ce trajet j’ai vécu mon premier contrôle de police. C’est assez impressionnant : contrôle des passeports de tous les passagers, contrôle des bagages en soute par un chien… J’ai aussi appris qu’il fallait laisser un pourboire à tous les hommes qui jetaient votre sac en soute ou par terre selon l’humeur. Sauf si c’est le chauffeur du bus qui le fait, là c’est gratuit.

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Le parc San Martin – Broken Boussole ©

Salta. J’ai adoré cette ville ! Son architecture, ses maisons aux toits plats, ses maisons de style colonial, ses vendeurs de pommes d’amour, de pop-corn et d’empanadas, ses palmiers, ses parcs, ses rues piétonnes…

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Le convento San Francisco – Broken Boussole ©

Il faut absolument monter en haut du Cerro San Bernardo. J’ai choisi de faire la montée à pied (1021 marches de pierre sur 1400 mètres de hauteur) pour admirer le panorama et le coucher de soleil. Redescendre le Cerro de nuit sans lumière aurait été mal avisé, j’ai donc pris le téléphérique pour revenir (10 pesos l’aller simple).

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Le téléphérique pour monter au Cerro San Bernardo – Broken Boussole ©

Pendant ce court séjour j’ai rencontré Kerwin et Solenn, 2 français avec qui j’ai beaucoup vadrouillé, ri, mangé et bu… Après avoir pris un apéro au Malbec dans le parc de San Martin, on a testé un restaurant le Cerro San Bernardo. Pour 8€ par personne on a eu 600g d’entrecôte + 300g de frites avec de la picada + 1 bouteille de vin… Et ce n’est pas un mythe, la viande argentine est à tomber… Pour les vins j’ai beaucoup aimé le Torrontes (vin blanc sucré) et le Malbec (vin rouge).

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Vue sur Salta depuis le Cerro San Bernardo – Broken Boussole ©

Bref, Salta vaut le détour et mérite son surnom 🙂

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