A la rencontre des habitants de Cafayate, des ruines Quilmes & de la quebrada

Après un court séjour à Salta j’ai décidé de partir pour Cafayate, un village réputé pour ses vins et ses fromages d’après les récits des personnes rencontrées jusqu’à présent. J’y ai passé un peu moins de 2 semaines et le séjour a été fantastique. Un trajet Salta/Cafayate en bus coûte 39$ soit moins de 8€. En terme de prononciation, Cafayate se prononce Cafachaté. En Argentine les sons -ll et -y se prononcent -ch. Il y a aussi des particularités liées au vocabulaire, par exemple l’argent liquide se dit « plata » en Argentine mais en Espagne on dit « dinero », car plata désigne le métal argent.

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Sur le toit de l’auberge – Broken Boussole ©

Le trajet de bus a été assez chaotique, mais j’ai rencontré 2 nouveaux voyageurs : Florence (une québécoise) et Aby (un indien). Florence ne savait pas ou elle poserait son sac, moi non plus, et nous avons vite repéré une petite auberge de jeunesse à coté de la station de bus : El balcon (Pasaje 20 de Febrero, Cafayate) . J’y ai passé les meilleures soirées de mon séjour. Le premier soir nous avons bricolé l’installation du siècle pour faire cuire notre pizza maison avec Florence (coût de revient : 1€ par personne). Le four ne fonctionnait pas, alors nous avons utilisé une plaque et une poêle à paëlla sur un barbecue pour faire cuire notre chef d’œuvre, ce qui a officialisé notre statut de « cuisinières » de l’auberge.

Pour continuer dans la lignée gastronomie pas chère, je dois absolument parler de la Casa de las Empanadas située à coté de l’église. Les empanadas sont des petits chaussons farcis, à titre personnel j’ai craqué pour les empanadas tomates/basilic, fromage, jambon cru/fromage, fromage/oignon. 10$ les 5 empanadas soit 2€ ! Et la patronne est adorable. En plus des empanadas, il y a également : salteña de carne, humitas y tamales, postres y vinos régionales, locro, carbonada y humita a la olla 🙂

On trouve également un peu partout dans la rue des barbecues ambulants qui vendent des Choripan y Papucha. Le choripan est un sandwich avec de la saucisse grillée, de la salade et des tomates, la papucha c’est un cornet de frites. 5$ l’ensemble soit 1€, et ça tient bien au corps.

Pizza maison, empanadas, papucha & choripan – Broken Boussole ©

Petit hors-sujet d’importance : certaines auberges ont un bidon d’eau sur le toit, et l’eau du robinet à l’étage y est parfois rattachée. Elle n’est pas potable et rend malade. Très malade, et c’est du vécu.

J’ai passé 4 nuits à l’auberge El Balcon pour 120$ soit 24€ + une nuit gratuite le jour de mon anniversaire sur présentation de mon passeport. J’avais déjà rencontré Florence dans le bus, qui m’a embarqué dans des visites magiques, puis Juliana une argentine (dont il sera question lors de mon séjour à Buenos Aires), Guillaume un belge avec qui j’étais tout le temps au stand de papucha, Loic un suisse (que je recroiserai par un total hasard à Puerto Iguazu), Vicente un papi porteño (les porteños sont les habitants de Buenos Aires) qui m’a invité à manger des empanadas et qui m’a présenté à Elba (chez qui j’ai passé une semaine), Nico et Sergio qui travaillent dans l’auberge et qui m’ont joué un air de guitare dans l’anfiteatro, et des brésiliennes qui nous ont fait gouter leur caïpirinha maison pour mes 19 ans… Pour ce premier anniversaire à l’étranger je ne pouvais pas être mieux entourée 🙂

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Un gaucho – Broken Boussole ©

25 mai 2010, aujourd’hui l’Argentine fête ses 200 ans d’indépendance. Pour célébrer ça comme il se doit, le 25 et le 26 mai sont fériés. Depuis des mois tous les villages aux alentours préparent le défilé en costumes traditionnels : enfants, pompiers, gauchos, pilotes de motocross, étudiants, cavaliers de shetlands… Tout le monde a défilé au son des coups de canon pendant 2 heures. C’est un beau cadeau d’anniversaire pour une mochilera 🙂

Quelques photos du défilé – Broken Boussole ©


Délia, tisseuse de Cafayate

J’ai rencontré Délia en suivant les indications de personnes rencontrées à Cafayate. Elle a 17 ans, un fils de 4 ans Mariano, et elle vit chez ses parents avec ses 8 frères et sœurs et le lama de la famille. J’ai seulement passé 2 jours chez eux mais humainement ça a été assez dur. Délia est la seule tisseuse de sa famille, sa grand-mère lui a appris à travailler la laine quand elle avait 9 ans. Elle tisse 2 châles « triangulo » par jour.

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La laine en phase de séchage – Broken Boussole ©

La matière première est la laine de mouton ou de lama, mais celle du mouton est plus utilisée car elle est plus solide et s’étire plus facilement (par contre elle a une odeur très très forte !). Les lainages utilisés ont des couleurs naturelles : le noir, le marron et le blanc. Ils sont achetés à Jarimana ou Pampallana. Le lavage de la laine se fait le dimanche, et c’est Facundo, le père de Délia qui s’en charge en utilisant de l’eau et des herbes. La laine sèche ensuite au soleil pendant 1 semaine complète.

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Delia – Broken Boussole ©

Délia travaille sur une armature cloutée avec un crochet. Elle a souvent des tendinites, mais elle continue à tisser pour faire vivre sa famille. Délia n’a jamais été à l’école. Chaque triangulo est acheté 30$ par un intermédiaire puis vendu entre 60 et 80$ sur des marchés. Elle ne veut pas vendre elle même les triangulos car elle préfère tisser et rester avec son fils. Délia fait partie des personnes que j’ai sincèrement admiré pendant ce voyage.


La fabrique Cabras de Cafayate

Pendant mon séjour à Cafayate, j’ai rencontré Elba qui m’a hébergé pendant 1 semaine. Elle a été un vrai rayon de soleil, toujours une cigarette à la main, toujours en train de s’occuper de ses plantes, toujours le mot pour rire et toujours une tonne d’histoires à me raconter. Notamment sur la vie à Cafayate, sur les investisseurs étrangers qui exproprient les habitants pour augmenter la taille des vignobles ou construire des golfs. Néanmoins, elle m’a raconté une belle histoire sur Mr Domingo (propriétaire des auberges El Balcon, Cafayate Hostel, la puna et de la bodega Domingo Hermano. Cet homme a toujours vécu à Cafayate, il acheté 60 terrains et construit 60 maisons aux habitants expropriés par ses concurrents, il paye ses salariés 10% plus cher que les autres bodegas et il est très respecté. Je n’ai pas pu le rencontrer car il était à Buenos Aires à ce moment là.

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Le troupeau de las cabras de Cafayate – Broken Boussole ©

Sur les bons conseils d’Elba, j’ai pu aller visiter une fabrique de fromage : Cabras de Cafayate. 13 personnes travaillent là-bas 6 jours sur 7 et 8 heures par jour. Une seule reste sur place la nuit pour surveiller l’exploitation. La fabrique appartient au propriétaire d’une bodega, de 2 auberges et d’une agence touristique. Ici, il y a 500 chèvres dont 400 chèvres laitières de 3 races différentes : la sannen de suisse (blanche, elle produit 2 litres de lait par jour), l’anglo nubian d’Angleterre (marron et noire, elle produit 1 litre de lait par jour) et la boher d’Afrique du Sud (marron et noire avec de grandes oreilles, qui ne produit pas de lait, mais de la viande).

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En pleine pause & pose photo 😉 – Broken Boussole ©

Une chèvre a une espérance de vie de 7 ans, les mâles vivent jusqu’à 12 ans. A part le foin sec et vert, les chèvres se nourrissent d’algarrobos (un fruit qui abonde dans la région) et d’orujo. L’orujo c’est le marc de raisin qui a séché au soleil. Ces restes de raisin proviennent de la « poda », la coupe des ramifications dans les vignobles de la fabrique. Il y a également 20 vaches depuis 2009, qui produisent 350 litres de lait par jour. Les chèvres produisent 550 litres de lait qui sera conservé à 4°. Pour faire 1 kilo de fromage semi-dur il faut 10 litres de lait et entre 60 et 80 jours de maturation.

Environ 10 000 kg de fromage sont produit tous les ans : des fromages au lait de vache, lait de chèvre et piment, lait de chèvre et vache, lait de chèvre et herbes, lait de vache et poivrons, lait de vache et piment. 80% de la production est exportée vers Salta et Cafayate, le reste part dans d’autres provinces.


Las ruinas Quilmes

Pendant mon séjour à Cafayate, Florence m’a embarqué pour 1 journée découverte des alentours. Nous sommes allés visiter les ruines Quilmes ainsi que la Quebrada de las Conchas. Les ruines sont situées dans un site archéologique des Vallées Calchaquies à une cinquantaine de kilomètres de Cafayate. L’entrée coûte 2$ soit 0,4€.

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Las ruinas Quilmes – Broken Boussole ©

Les indiens Quilmes ont ici résisté pendant plus d’un siècle aux conquêtes espagnoles. Les ruines s’étendent au pied du Cerro Alto del Rey. Les constructions étaient sous terre pour permettre aux indiens de résister au vent froid et violent de la vallée. Les édifices de forme ronde servaient de demeures aux Quilmes tandis que les constructions carrées abritaient les réserves de nourriture et les lieux d’artisanat.

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Les ruines quilmes depuis les hauteurs – Broken Boussole ©

Quilmes est aussi le nom d’une bière argentine, mais ça c’est juste pour info 😉


La quebrada de las conchas

Une agence à Cafayate propose des excursions dans la quebrada, mais nous avons choisi d’y aller au petit bonheur la chance avec Florence. Je n’ai donc pas de tarif à donner puisque ça ne nous a rien coûté. Les paysages qui s’étendent sur une cinquantaine de kilomètres valent le détour, la sédimentation et l’érosion ont fait des miracles ici. Le contraste et les couleurs sont également au rendez-vous.

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Le rio de las conchas – Broken Boussole ©

L’hiver, le rio de las conchas s’assèche. Plusieurs lieux sont à voir : el sapo, la ventana y el castillo. Il y a également la Garganta del Diablo et l’Anfiteatro, une grotte à l’acoustique exceptionnelle où Sergio et Nico nous ont joué un concert à la guitare sèche.

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Dans la quebrada de las conchas – Broken Boussole ©

Petite information supplémentaire : attention à l’utilisation du mot « Conchas » en Argentine, c’est l’équivalent du mot « Conejo » en Espagne… 😉

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Les gorges du diable – Broken Boussole ©

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