1 mois en Russie : découvertes magiques à Saint-Pétersbourg

Les cathédrales de St-Pétersbourg : bulbes, couleurs, icônes et mosaïques sublimes

Depuis mon arrivée, je suis impressionnée par les lieux de culte à St-Pétersbourg : l’architecture, la richesse de la décoration, les couleurs… Je crois que j’ai rarement vu « aussi beau ». Pour introduire cet article, je dois d’abord expliquer brièvement quelques rites et concepts orthodoxes, puisque la majorité des russes sont chrétiens orthodoxes. Je dois avouer que je ne suis pas une experte en religion, mais pendant mes cours de civilisation, Polina m’a expliqué les différences entre le rite orthodoxe et le rite catholique.

Je ne vais pas en développer ici l’intégralité mais pour faire bref, les orthodoxes reconnaissent la bible, les 4 évangiles, l’univers, la mission de Dieu… mais ils n’acceptent pas que le St Esprit émane de Dieu et du fils, ni qu’il n’y ait qu’un seul chef d’église, en l’occurrence le pape pour les catholiques. Ce ne sont que des exemples de différences, car il y en a pas mal y compris dans la pratique : signe de croix inverse, baptême différent…

Un peu de vocabulaire maintenant, une icône est une illustration de la société. C’est une image sacrée, un objet culturel, c’est l’expression de l’orthodoxie. Les 2 icônes les plus importantes sont celles du Christ et de la Vierge. L’iconostase est la partie la plus importante d’une église ou d’une cathédrale, c’est l’endroit ou l’on pose les icônes, c’est aussi la fierté de l’église et les portes ne sont ouvertes que pour les moments importants. Il faut aussi savoir que sous l’époque communiste, la religion était interdite, et certaines églises servaient de musées. Ce sera tout pour cette introduction 😉

  • La cathédrale St Isaac :

C’est la première cathédrale que j’ai visité à St Pétersbourg. J’ai d’abord aperçu ses immenses colonnes et son dôme d’or, visible presque entièrement (rénovation oblige). L’entrée pour le musée, c’est-à-dire l’intérieur de la cathédrale coûte 250 roubles, mais ce ticket n’est pas valable pour la colonnade (billet supplémentaire à acheter à la caisse).

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L’extérieur de St Isaac – Broken Boussole ©

Pour 200 roubles supplémentaires, vous pourrez prendre l’audioguide en français. Personnellement j’ai tenté la visite guidée en russe, qui est gratuite, mais mon niveau de russe n’était pas du tout suffisant 😉

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En entrant dans la cathédrale St Isaac – Broken Boussole ©
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Les colonnes sont en malachite et lapis-lazuli… – Broken Boussole ©

La sobriété extérieure de la cathédrale St Isaac, tranche littéralement avec la richesse de sa décoration intérieure ! Tout est superbe ! Couleurs, mosaïques, icônes, marbre, colonnes en malachite et lapis-lazuli, iconostase… Vous pourrez également admirer des maquettes ou encore acheter des souvenirs puisque des vitrines dédiées entourent la sortie.

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Une partie du plafond dans la cathédrale St Isaac – Broken Boussole ©
  • La cathédrale Notre Dame de Kazan

L’entrée est gratuite, les volumes sont impressionnants mais l’intérieur de la cathédrale est très sombre. Après avoir visité la cathédrale St Isaac avec ses couleurs éclatantes, le contraste était trop important. Aussi, je ne suis pas restée longtemps. Juste assez pour mesurer la file d’attente pour aller se signer et embrasser l’icône de la vierge de Kazan. Cette icône est très importante dans la culture russe, car c’est la vierge de Kazan qui donne la victoire aux armées russes. D’ailleurs pour l’anecdote, il y a une statue du maréchal Koutouzov devant la cathédrale, oui oui, celui-là même qui a défait l’armée de Napoléon en 1812 😉 Koutouzov est également enterré ici.

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L’extérieur de Notre-Dame de Kazan & la statue de Koutouzov – Broken Boussole ©
  • La cathédrale St Sauveur sur le sang versé

C’est ici même que le tsar Alexandre II a été assassiné, et son fils a choisi de construire la cathédrale sur le lieu de l’attentat – d’où son nom. C’est celle que j’attendais de voir avec impatience, et pourtant en l’apercevant depuis les bords du canal Griboedov, j’ai été déçue… La tour la plus importante est enveloppée d’échafaudages pour cause de rénovation… Impossible d’immortaliser l’ensemble des bulbes.

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La cathédrale St-Sauveur sur le sang versé et le canal gelé – Broken Boussole ©

Malgré tout, l’intérieur est aussi somptueux que celui de la cathédrale St Isaac. J’ai été subjugué par l’étendue des mosaïques à l’intérieur ! Il y en a plus que dans la Basilique St Marc à Venise, puisque la cathédrale pétersbourgeoise compte 7000 m² de mosaïques et rien que pour les poser il a fallu 12 ans !

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Sous un lustre, je prépare le terrain pour le torticolis – Broken Boussole ©
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Les murs et le plafond sont couverts de mosaïques  – Broken Boussole ©

A noter également : l’iconostase est magnifique ! L’entrée coûte également 250 roubles, et la cathédrale est ouverte tous les jours – sauf le mercredi – de 10h à 17h30. Pour information, les panneaux explicatifs sont traduits en français 😉

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L’iconostase, les détails sont impressionnants – Broken Boussole ©
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Encore le nez en l’air ! –  Broken Boussole ©
  • La cathédrale de Smolny

Ma première impression a été… magique. Le monastère de Smolny est un bijou baroque blanc et bleu du 18ème siècle et la cathédrale de la Résurrection est magnifique, encore plus quand on l’admire sur un tapis blanc, tempête de neige oblige…

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La cathédrale de Smolny – Broken Boussole ©

La plus haute des 5 coupoles mesure presque 100 mètres de haut, et pour la modique somme de 50 roubles (0,7€) j’ai pu monter dans un des 4 clochers. Attention, ça fait beaucoup de marches et certains escaliers sont étroits. Si vous avez le vertige ça n’est pas la peine d’essayer 😉

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Depuis un des clochers de Smolny – Broken Boussole ©

L’intérieur de la cathédrale est blanc et or, et les icônes ainsi que l’iconostase sont à voir ! Le métro le plus proche est à plus d’1 kilomètre de distance, donc je conseille de prendre le bus ou le tram pour venir si vous êtes là pour une période courte.

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Les icônes et l’iconostase de Smolny – Broken Boussole ©
  • La cathédrale de la Trinité

Aussi appelée cathédrale de la sainte trinité du régiment de la garde izmaïlovski, elle vient d’être rénovée et ça a pris plus de 20 ans ! C’est ici que Dostoïevski s’est marié.

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J’ai vu les dômes étoilés depuis mon hôtel, forcément je suis venue voir – Broken Boussole ©
  • L’église de Tchesmé 

Elle ne fait sans doute pas partie du top 3 touristiques, pourtant je trouve que ça vaut le coup de venir à la station Moskovskaya pour l’admirer 😊On dirait une pièce montée posée sur de la chantilly !

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J’adore littéralement cette église ! Elle est trop canon – Broken Boussole ©
  • Cathédrale Saints Pierre & Paul

Cette cathédrale située sur l’île aux lièvres accessibles via l’île de Petrogradskaya, a été le 1er édifice religieux de la ville, c’est aussi ici que repose les familles impériales de Russie, dont les Romanov ou Pierre le Grand. L’enceinte est ouverte tous les jours, mais pas la cathédrale, qui est fermée le mercredi. Malheureusement, ça n’était pas écrit dans mon guide … De toute façon je vais être obligée de revenir à St Pétersbourg pour aller voir les palais à Peterhof et Pushkin, donc affaire à suivre 😉

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La cathédrale Sts Pierre et Paul et sa flèche dorée de plus de 122 mètres – Broken Boussole ©
  • Cathédrale St Nicolas des Marins

Les couleurs sont les mêmes qu’à Smolny et les 2 cathédrales ont été construites à la même époque. Cependant, la cathédrale St Nicolas des marins a été érigée pour protéger les marins, puisqu’elle se dresse dans l’ancien quartier maritime de la ville (les chantiers navals de l’amirauté ne sont pas loin !) et c’est une église considérée comme « populaire » et non pas « impériale ». D’ailleurs c’est une des rares églises que Staline n’a pas fait fermer, sur les conseils de Kirov, il fallait éviter de se mettre la population à dos.

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La cathédrale St Nicolas des Marins – Broken Boussole ©

L’intérieur est très beau, le blanc, le vert et l’or s’accordent, les icônes sont superbes tout comme l’iconostase. L’entrée est gratuite, mais interdiction de faire des photos/vidéos à l’intérieur. Je vous conseille d’assister à une liturgie dans cette église, les chants sont sublimes… vous aurez l’occasion de voir l’iconostase ouverte et le pope couvert de fleurs et cadeaux par les fidèles !

A St-Petersbourg il y a aussi une mosquée près de Sts Pierre et Paul et une synagogue près de St Nicolas des Marins. J’espère que ce petit échantillon de photos vous donnera envie de venir. Par contre j’avoue qu’aujourd’hui j’ai eu froid avec ce vent glacial qui a fait chuter la température à -19°…

A la découverte des musées de Saint-Pétersbourg

  • Le musée Fabergé :

C’est le premier musée que j’ai visité à St-Pétersbourg. Il faut dire que le travail d’orfèvre de Fabergé m’a toujours fasciné, surtout les œufs de pâques qu’il fabriquait pour les tsars…  J’avais regardé un très beau reportage sur Arte à ce sujet il y a quelques années, je ne pouvais donc pas manquer cette visite à St-Pétersbourg, qui est la ville de naissance de Karl Fabergé !

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En arrivant à l’étage du Musée Fabergé – Broken Boussole ©

Le musée a ouvert ses portes en 2013, et il est situé dans le palais Chouvalov qui a été rénové pour l’occasion. Je dois avouer que la mise en scène est somptueuse (comme tout à St-Pétersbourg) ! Je n’ai pas pu résister en apercevant les œufs depuis l’escalier, j’ai commencé par cette salle bien qu’elle ne soit pas la « première salle à visiter » pour respecter l’audioguide (que de toute façon je n’ai pas pris, CF. plus bas).

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La salle bleue, Musée Fabergé – Broken Boussole ©

Les œufs sont sobrement disposés dans des vitrines individuelles disséminées dans la magnifique salle bleue. Il s’agit de la plus grande collection d’œuvres signées Fabergé, mais le Kremlin de Moscou possède aussi une très belle collection d’œufs dans le Palais des Armures.

Quelques œufs de Fabergé exposés, cliquez sur les photos pour agrandir – Broken Boussole ©

Outre cette salle, le palais Chouvalov contient énormément de richesses (dans tous les sens du termes) : des icônes sublimes, des boites à tabac ou à bijoux, des services à thé, le tout en or, argent, diamant, saphir, améthyste…

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La salle des icônes russes du Musée Fabergé – Broken Boussole ©

C’est un vrai bonheur de déambuler ici dans ses petites sur-chaussures en plastique. Et oui, en hiver on ne rentre pas avec ses chaussures pleines de neige et de produits dégivrants chimiques 😉

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La salle rouge du Musée Fabergé – Broken Boussole ©

L’entrée sans audioguide et sans visite guidée coûte 450 roubles (6,4€). Sachez qu’il y a des guides papiers disponibles dans les salles (en russe ou en anglais), à rendre à la fin de la visite.

  • Le musée des jeux d’arcade soviétiques :

Pour un musée décalé, bien décoré, avec des reliques qu’on peut toucher, c’est ici que ça se passe ! En arrivant, j’ai tout de suite compris que ça allait me plaire. Le ticket d’entrée coûte 450 roubles (6,4€), en échange on récupère une petite boite d’allumettes remplie de kopeck de 15 centimes !

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Le musée des jeux d’arcade soviétiques – Broken Boussole ©

Attention, interdiction de les emmener en souvenir. Si comme moi vous n’êtes pas bilingue russe et que vous n’étiez pas né(e) pendant l’époque soviétique, mieux vaut demander le guide en anglais ! Chaque machine est prise en photo avec un texte qui explique comment y jouer.

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Les jeux d’arcade soviétiques sont répartis sur 2 niveaux – Broken Boussole ©

Il y en a pour tous les goûts sur 2 étages : les jeux à 2 sont très sympa, le hockey et le basket notamment. Pour les jeux individuels, je n’ai riiiiiiiiiiiien compris à certaines machines, mais de toute façon bizarrement c’est au tir aux pigeons que j’ai été la plus douée !  Enfin, pigeons c’est vite dit, en fait il s’agissait de cibles rondes ou de gibier selon la machine.

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Une petite soif ? – Broken Boussole ©

Si vous avez une petite soif, il y a d’antiques distributeurs de Kvas et limonade à l’entrée ! Il y a aussi un photomaton sympa et vous pouvez boire un verre et profiter du wifi dans une ambiance bonne enfant. Pierre le Grand et Catherine sont d’ailleurs venus se poser à coté de moi pendant leur pause 😉

  • L’Ermitage 

Bon, c’est la première chose que je voulais faire à St Pétersbourg : visiter le musée de l’Ermitage, celui qui possède la plus grande collection au monde et qui est installé dans le Palais d’Hiver des Tsars (Ok, en vrai il y a d’autres bâtiments annexes, le Palais d’Hiver est trop « petit » étant donné la quantité d’œuvres réunies). Mais je me suis dit que le week-end ça devait être blindé de monde. Le lundi c’est le jour de fermeture hebdomadaire, et c’est comme ça que j’ai patienté jusqu’au mardi pour venir. Il y avait beaucoup de monde, mais avec de la patience (beaucoup de patience) on peut parfois se retrouver seul(e) – enfin avec les gardiens – dans de sublimes pièces, comme la salle Malachite.

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L’entrée de l’Ermitage – Broken Boussole ©

C’est en glissade que j’ai traversé la place du palais (les pavés noirs sont très glissants…beaucoup plus que les gris), à l’ombre de la colonne Alexandre car ce jour-là j’ai aperçu le ciel bleu pour la première fois de mon voyage. En entrant par la place, les automates pour acheter des billets se situent à gauche et à droite tout de suite en entrant dans la cour. Mais à cette période (avec une arrivée à 13h un mardi 6 février), il n’y avait pas d’attente aux guichets.  Au tarif plein, le billet coûte 700 roubles (9,9€) mais comprenez une chose : vous ne pourrez pas tout voir. Il faudrait des mois entiers à arpenter le musée pour commencer à le connaître, sans compter toutes les œuvres qui ne sont pas exposées au public… En 5h de visite, j’ai eu la très nette impression de survoler les pièces où je suis passée. Il n’empêche qu’en si peu de temps j’ai découvert des salles somptueuses, et ce sont ces découvertes que je vais partager avec vous via des photos 😉 PS : toutes les salles que je vais citer sont au 1er étage du musée !

  • L’escalier du Jourdain

Il y a de nombreux escaliers qui permettent de vadrouiller entre le rez-de-chaussée, le 1er et le 2ème. Mais je vous conseille de prendre l’escalier du Jourdain pour commencer votre visite. Il est en marbre et son plafond vaut aussi le détour : Cf. la première photo de cet article.

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Le plafond de l’escalier du Jourdain – Broken Boussole ©
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Tapis rouge sur marbre blanc, escalier du Jourdain – Broken Boussole ©
  • La salle malachite 

Il s’agit de la salle 189 au 1er étage, comme son nom l’indique, de nombreux éléments sont composés du minéral vert. J’ai attendu (15 minutes) que les visites de groupe sortent pour pouvoir prendre la salle vide.

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Colonnes et mobilier dans la salle malachite – Broken Boussole ©
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La salle malachite – Broken Boussole ©
  • Le Pavilion Hall

Le Pavilion Hall correspond à la salle 204, c’est ici que l’horloge du paon s’anime. Si vous n’avez pas l’occasion d’y aller spécialement le jour et l’heure où l’horloge est remontée pour s’animer, sachez qu’une vidéo est visible juste à coté de la cage en verre. De même, il y a des captures de l’événement sur Youtube 😉

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L’horloge du paon dans la salle pavilion hall – Broken Boussole ©

Outre l’horloge, j’ai adoré cette salle blanche avec ses colonnes et ses lustres.

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Pavilion Hall – Broken Boussole ©
  • La salle 305

Je n’avais pas vu qu’il n’y avait pas le droit aux photos dans cette salle, mais comme je n’utilisais pas le flash, la surveillante m’a laissé en prendre une. Je me suis confondue en excuses en russe, et du coup, j’ai même eu le droit à un sourire 😉

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La salle 305 – Broken Boussole ©
  • Le Boudoir

Le boudoir est dans la salle attenante à la salle 305, d’une sublime salle à une autre, il n’y a qu’une porte 😉

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Le boudoir – Broken Boussole ©
  • St George Hall
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Le trône de St George hall, salle 198 – Broken Boussole ©
  • The Armorial Hall
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Les colonnes sont reconnaissables à leur couleur or – Broken Boussole ©
  • La salle 227
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La salle 227 et les collections italiennes – Broken Boussole ©

Et pour finir en beauté, une autre de mes pièces préférées : la bibliothèque du Tsar Nicolas II :

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Je rêve d’avoir la même pour pouvoir enfin bien ranger mes centaines (milliers ?) de livres – Broken Boussole ©

Bien entendu, j’ai beaucoup aimé les collections d’antiquités égyptiennes, grecques & romaines au rez-de-chaussée, tout comme les collections italiennes du 1er étage. Mais ces quelques photos devraient être suffisantes pour vous donner envie de visiter ce musée ! D’ailleurs, c’est un vrai labyrinthe, impossible de m’y retrouver sans le plan et pourtant je suis assez douée en orientation ! Alors, pour information, plans gratuits à l’accueil et les numéros des salles sont indiqués au-dessus des portes.

J’espère que cette petite visite culturelle vous aura plu 😉 Bientôt je vous ferais découvrir le théâtre Mariinsky & le Palais Ioussoupov !

Un dimanche pétersbourgeois parfait : du théâtre Mariinsky au palais Ioussoupov

Ce dimanche là était fabuleux, sublime, merveilleux, fantastique, parfait : il a neigé toute la journée, un temps idéal pour assister à mon tout premier ballet au théâtre Mariinsky, puis visiter le palais Ioussoupov et finir en apothéose avec un dîner gargantuesque (l’article consacré aux adresses sera intéressant ;)).

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Salle comble  ! – Broken Boussole ©

3 semaines avant mon départ, j’ai acheté un billet en ligne sur le site du Mariinksy, le célèbre théâtre de St-Pétersbourg. J’avais regardé dès le mois d’août si le ballet du « Lac des cygnes » était programmé. Malheureusement non, mais j’ai tout de même choisi d’aller voir « La Bayadère ». Il y avait 2 représentations : 12h & 19h. J’avais décidé d’y aller à midi. Pour ce faire, j’ai pris le bus près de la place Sennaïa. Sur Google Maps j’avais vu que le 50 s’arrêtait juste devant le Mariinsky. Dans ce fameux bus j’ai rencontré une contrôleuse russe très sympathique qui m’a aidé à descendre au bon arrêt 😊

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Les musiciens sont en place avant le début du ballet  ! – Broken Boussole ©

A 11h30 il y avait foule devant le théâtre. En entrant, n’hésitez pas à demander à un vigile vers quel portique de sécurité vous devez aller en montrant votre billet. Les sacs à main y sont inspectés. Puis rejoignez votre étage pour laisser votre manteau au vestiaire (gratuit comme tous les vestiaires dans les restaurants et musées).

J’ai lu beaucoup de témoignages plus ou moins pertinents concernant le dress code au théâtre Mariinsky. Il est vrai que la majorité des spectateurs est vêtue de manière élégante mais sobre : pour les femmes, pas de décolletés vertigineux ni de jupes/robes trop courtes mais des robes/jupes longues, des pantalons et/ou vestes de tailleurs, des chemises… Pour les hommes, un costume cravate ou un pantalon chemise. Au niveau chaussures, j’avais lu que les femmes laissaient leurs bottes au vestiaire pour porter des escarpins car il était très mal vu d’être en bottes. J’ai vu des bottines et des bottes à talons mais pas de stiletto aujourd’hui. L’important c’est surtout de bien taper des pieds sur les paillassons à l’entrée pour éviter de vous retrouver avec une flaque de glace fondue entre les pieds (là pour le coup c’est mal vu).

Bref, personnellement j’adore m’habiller pour sortir mais là avec un sac de voyage de 40L rempli de vêtements d’hiver, pas de quoi parader : une paire de cuissardes noires sur un slim noir et un t-shirt habillé avec une veste de tailleur ont très bien fait l’affaire, et personne n’a fait attention à ma tenue.

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Une partie des danseurs sur scène pour saluer ! – Broken Boussole ©

A part ça, je me suis retrouvée sur le siège 5 de la loge 5 du Dress Circle, avec une vue somme toute assez bonne pour le prix (45€). J’y avais une vue plongeante sur le parterre, les musiciens et la scène. Le ballet s’est déroulé en 3 actes pendant 2h55 (2×30 minutes d’entracte inclus). Tout était sublime : l’orchestre, les danseurs, les chorégraphies, les décors, les costumes, le maquillage… ça n’est pas compliqué, je veux y retourner !

Informations supplémentaires (parce que moi je me suis posée ces questions-là aussi) :

  • A chaque étage (au Dress Circle et aux étages supérieurs tout du moins), il y a un bar et des toilettes. Les 2 lieux sont pris d’assaut pendant les entractes !
  • Prendre des photos avec appareil numérique & smartphone : avant le spectacle et pendant les entractes, c’est-à-dire quand le rideau est baissé, aucun problème, tout le monde le fait. Une annonce vous fera savoir qu’il est interdit de photographier ou filmer le spectacle. Néanmoins, à un moment bien précis, la prise de photos est plus ou moins tolérée : lorsque les danseurs saluent la foule à la fin d’une scène. Mais attention, baissez la luminosité de votre écran, et surtout ne mettez pas le flash. Si vous ne respectez pas ces consignes, c’est à vos risques et périls (les russes sont de vrais passionnés de ballet, et ils respectent les règles).
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En arrivant dans le palais Ioussoupov – Broken Boussole ©

En sortant, j’ai rejoint le Palais Ioussoupov qui se situe juste à côté. Je ne sais pas si ce palais est dans le top 10 des lieux visités à St Pétersbourg, mais si j’ai voulu y aller, c’est parce qu’en étudiant l’histoire de la Russie, j’ai eu connaissance plus en détails de l’histoire de Raspoutine, cet homme controversé, décrit comme un guérisseur mystique. Il a eu une très grande influence sur la cour impériale sous le règne du Tsar Nicolas II et ses détracteurs l’ont décrit comme un charlatan qui a précipité la chute de la dynastie Romanov. Même si rien ne prouve l’impartialité de ceux qui racontent cette histoire, c’est passionnant à étudier 😉

A travers le palais, la salle de banquet, la salon rouge et le salon bleu – Broken Boussole ©

Dans tous les cas, le fameux Raspoutine, a été assassiné ici, dans le palais de Félix Ioussoupov. Il aurait été empoisonné, puis on lui a tiré dessus et frappé, avant de jeter son corps dans la Neva. L’histoire dit qu’il serait mort noyé et que toutes les autres tentatives (poison, balle, passage à tabac) ne sont pas venues à bout du guérisseur.

Des visites spécifiques liées à l’histoire de Raspoutine sont organisées régulièrement. Personnellement, j’ai juste visité le palais avec un audio guide en français (700 roubles). Plus de 25 pièces sont ouvertes au public sur 2 niveaux. Et certaines sont vraiment sublimes ! J’ai adoré le petit salon mauresque et le théâtre comme la majorité des visiteurs… Ici, comme au musée Fabergé, prière de mettre des sur-chaussures en plastique !

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Le théâtre du Palais Ioussoupov – Broken Boussole ©
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La scène du théâtre – Broken Boussole ©

En ce dimanche après-midi, j’ai eu la chance d’être presque tout le temps seule pour visiter les pièces ! Un peu comme au Palazzo Parisio de Naxxar à Malte. Ça m’a permis d’avoir des photos sans personne dans les pièces 😉

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Le salon mauresque du Palais Ioussoupov – Broken Boussole ©

Selon vos envies, la durée de votre séjour ou encore la météo… vous pouvez aussi – dans ce même quartier – assister à une liturgie orthodoxe dans la cathédrale St Nicolas des Marins (je conseille !), ou encore patiner ou tout simplement vous promener sur l’île de la Nouvelle-Hollande qui appartient à Abramovitch. (Oui oui, le propriétaire de Chelsea #momentfoot).

Des choses à faire à St-Pétersbourg, ça n’est pas ce qui manque ! 🙂

L’île Petrogradskaya, la forteresse Pierre & Paul et l’avenue Nevski & tips sur St-Pétersbourg

Clap de fin pour St-Pétersbourg. Ces photos et explications seront les dernières sur cette magnifique ville car je viens de passer les 6 derniers jours à Moscou (c’est vite passé) et j’écris d’ailleurs cet article depuis l’aéroport Sheremetyevo où j’attends mon vol pour Irkoutsk en Sibérie. (Maintenant je peux le dire : je suis en Sibérie !)

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 En me promenant autour de Gor’skovskaya – Broken Boussole ©

Lors de mon dernier jour dans la Venise du Nord, j’ai visité sous un temps particulièrement exécrable et froid, l’île Petrogradskaya. C’est à partir de cette île si l’on peut dire que St-Pétersbourg s’est construite. En effet, Pierre le Grand fît bâtir sa forteresse sur l’île aux lièvres « une petite île dans l’île » au 18ème siècle. Et c’est autour de la forteresse que la ville s’est développée petit à petit.

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La statue de bronze de Pierre le Grand, non loin de la cathédrale St Isaac – Broken Boussole ©

Comment ne pas vous parler un peu de Pierre le Grand… De cet homme qui était surnommé « l’antichrist ». Déjà, il a voyagé en Europe, terre des « démons » (n’oublions pas l’opposition occident/orient très importante à cette époque) et lorsqu’il rentre en Russie, il impose des réformes qui choquent la population comme raser les barbes alors que c’est considéré comme un signe de virilité, et il porte des vêtements occidentaux, donc des vêtements « démoniaques ». Son arrivée au pouvoir est une révolution ! La Russie devient un état laïque, il mène une politique anticléricale et transfert la capitale à St-Pétersbourg. En 1682, il devient tsar, en 1721, empereur. Il décédera en 1725 sans donner le nom de son successeur (ça aurait dû être sa femme, mais il a découvert qu’elle avait un amant. Ce dernier a fini décapité d’ailleurs. Vous l’aurez compris, il était différent 😉

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Pierre le Grand et Catherine II, ils sont présents partout à St Pétersbourg 😉 – Broken Boussole ©

C’était un homme simple qui vivait loin du faste de ses pairs. Ça se voit quand on compare sa maison aux palais pétersbourgeois ! La maisonnette de Pierre le Grand est située sur l’île de Petrogradskaya. C’est la toute première construction de l’île, et il parait que les ouvriers n’ont mis que 3 jours à la bâtir ! Aujourd’hui vous pouvez la visiter.

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La maisonnette de Pierre le Grand – Broken Boussole ©

Pour continuer le pèlerinage sur les traces de Pierre le Grand, j’ai voulu visiter la forteresse de l’île aux lièvres qui est ouverte tous les jours. A ce moment-là, je « souffrais » physiquement du froid. Le vent soufflait fort, la neige tombait à gros flocons et le ressenti était de -19.

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La Neva gelée et enneigée, au loin le pont Troitskiy – Broken Boussole ©

Là pour le coup avec mon slim et ma petite veste de tailleur sous le manteau, c’était… pas évident 😉 En plus de me maudire intérieurement de ne pas avoir étrenné mes vêtements thermolactyl, j’ai vécu une petite désillusion. Si la forteresse est ouverte tous les jours, ça n’est pas le cas de la cathédrale qui est fermée le mercredi. Je l’ai appris en me retrouvant le nez face à la porte. Le jour de fermeture n’était pas indiqué dans mon guide. Pourtant j’aurais aimé y entrer, après tout, la nécropole impériale est à l’intérieur. Ici reposent tous les Romanov…

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C’est fermé ! – Broken Boussole ©

La forteresse a été construite au 18ème : on y trouve la cathédrale bien sûr, ainsi qu’une prison et l’hôtel de la monnaie. Il y aussi une plage, sous la neige ce jour-là. Les russes viennent ici pour bronzer dès mars. Il parait que l’eau froide ça revigore !

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Près de la plage, comment ça vous n’imaginez pas une plage avec ce temps ? – Broken Boussole ©

Etant sur Petrogradskaya, j’en ai aussi profité pour aller voir de plus près le croiseur Aurore.  Impressionnant serait un bon terme pour parler de ce cuirassé amarré sur la Neva. Ce bateau a été construit il y a 118 ans et c’est un symbole révolutionnaire. C’est depuis l’Aurore qu’a été tiré le coup de canon annonciateur de la révolution d’octobre 1917. Il y a un musée à l’intérieur.

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Le croiseur Aurore, j’ai cadré l’immeuble à coté pour vous montrer la taille du bateau – Broken Boussole ©

Ma balade de 18 kilomètres à travers le blizzard m’a aussi permis de voir des pêcheurs installés au beau milieu de la Neva, une course de luge entre enfants ou encore des skieurs de fond sur route 😉

Cliquez sur les photos pour les agrandir – Broken Boussole ©

En rejoignant l’île voisine de Vassilievski, on peut ensuite emprunter le pont du palais qui offre une magnifique vue sur la Neva et l’Ermitage. On se retrouve alors sur la célèbre avenue Nevski, l’équivalent de nos Champs-Elysées. Les 2 bâtiments que j’ai le plus aimé sont des constructions Art Déco, et les 2 accueillent des flots de touristes et de russes.

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Depuis le pont du Palais, vue sur l’Ermitage et la Neva – Broken Boussole ©

Le premier bâtiment où je suis entrée est « La maison du livre ».  Au 1er étage de cette librairie, le café Singer donne pile sur la cathédrale de Notre-Dame de Kazan. Si je ne suis pas allée au café, je ne me suis pas privée pour me perdre dans les rayonnages de la librairie. En plus de nombreuses offres en termes de lecture, de nombreux kiosques sont dédiés à la vente de souvenirs touristiques au rez-de-chaussée. Pour info, en haut du dôme, il y a le siège social du Facebook russe : Vkontakte. [Petite parenthèse : Facebook fonctionne en Russie, mais pas Linkedin par exemple.]

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La maison du livre sur l’avenue Nevski – Broken Boussole ©

Le 2ème bâtiment est l’épicerie fine Elisseïev : j’y suis allée par curiosité pour voir à quoi ressemblait l’ancienne épicerie des tsars. On y trouve plein de choses très appétissantes – pains, jambons, caviar, homards, poissons fumés, pâtisseries, vodka, chocolats… mais les prix s’en ressentent ! Après tout, c’est une épicerie de luxe. Néanmoins, il est possible de prendre un goûter à l’intérieur pour vraiment pas cher et ça vaut le coup. Cf le futur article carnet d’adresses en Russie.

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L’épicerie Elisseïev sur l’avenue Nevski – Broken Boussole ©

Mon autre découverte, concerne la neige et l’hiver russe. Etant bretonne, et n’ayant été qu’une fois au ski, j’étais – et je suis toujours – comme une enfant. Ok, j’ai failli me vautrer au moins 30 fois mais bon. Plusieurs choses m’ont interpellé ou fait rire car je n’ai pas l’habitude :

  • Il faut éviter de prendre la confiance quand on marche : il y a toujours une plaque de verglas quand on ne s’y attend pas, c’est traître.  J’ai vu un mec se faire très très mal en me doublant… Il s’est étalé à cause d’une plaque d’égout.  Il faut également savoir que les gouttières s’évacuent à même le trottoir, des plaques de verglas épaisses de plus de 20 cm se forment à ces endroits-là.
  • Ici les voitures roulent avec 30 cm de neige sur le toit, et les conducteurs roulent vite même en ville. Le matin, on ne sort pas sa petite raclette pour le pare-brise mais une pelle et un balai pour désensevelir le véhicule.
  • Même quand il fait -15, les mecs sortent en costard dans la rue et sans gants pour fumer !
  • Les flocons qui s’insinuent dans le nez quand on inspire, c’est extrêmement désagréable 😉 Idem quand le vent vous balance des flocons en pleine tête sous la capuche.
  • Ici avoir une poussette est une vraie galère. Du coup les parents qui trainent les enfants en luge via une corde.
  • La batterie des téléphones se déchargent super vite même en mode avion quand il fait très froid.
  • Rien n’est adapté aux fauteuils roulants (idem à Moscou), d’ailleurs je n’en ai pas vu un seul.

Pour finir, St Pétersbourg est une ville où je me suis sentie bien, en total sécurité. Tout y est beau. J’y ai rencontré des gens drôles, aimables et parfois souriant (oui oui, quand on fait l’effort et qu’on essaye de s’exprimer en russe) : la fameuse contrôleuse qui m’a aidé à aller au théâtre voir le ballet, un acteur arménien avec qui j’ai réussi à tenir 30 minutes de conversation en russe et langue des signes, un groupe de français qui m’a demandé de les prendre en photo me pensant russe, ils ont été surpris que je réponde en français 😉, un russe qui m’a arrêté dans la rue pour savoir où j’avais acheté mon manteau, une vendeuse qui s’est évertuée à me parler mi-russe/mi-anglais pour trouver la chapka de mes rêves (l’achat le plus intelligent que j’ai fait d’ailleurs !)… J’ai même réussi à indiquer la station de métro la plus proche à des… russes (donc en russe).

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A l’intérieur de l’épicerie Elisseïev sur Nevski Prospekt – Broken Boussole ©

Autre élément capital (pour moi), sachez qu’ici, à chaque fois que vous dites bonjour à quelqu’un, il vous répondra ! Oui oui, c’est surprenant d’avoir une réponse à chaque fois 😊 En bref, St Pét c’est magique et je conseille vivement cette destination 😊

2 commentaires sur « 1 mois en Russie : découvertes magiques à Saint-Pétersbourg »

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