Autour de la Neva : l’île Petrogradskaya, la forteresse Pierre & Paul et l’avenue Nevski

Clap de fin pour St-Pétersbourg. Ces photos et explications seront les dernières sur cette magnifique ville car je viens de passer les 6 derniers jours à Moscou (c’est vite passé) et j’écris d’ailleurs cet article depuis l’aéroport Sheremetyevo où j’attends mon vol pour Irkoutsk en Sibérie. (Maintenant je peux le dire : je suis en Sibérie !)

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En me promenant autour de Gor’skovskaya – Broken Boussole ©

Lors de mon dernier jour dans la Venise du Nord, j’ai visité sous un temps particulièrement exécrable et froid, l’île Petrogradskaya. C’est à partir de cette île si l’on peut dire que St-Pétersbourg s’est construite. En effet, Pierre le Grand fît bâtir sa forteresse sur l’île aux lièvres « une petite île dans l’île » au 18ème siècle. Et c’est autour de la forteresse que la ville s’est développée petit à petit.

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La statue de bronze de Pierre le Grand, non loin de la cathédrale St Isaac – Broken Boussole ©

Comment ne pas vous parler un peu de Pierre le Grand… De cet homme qui était surnommé « l’antichrist ». Déjà, il a voyagé en Europe, terre des « démons » (n’oublions pas l’opposition occident/orient très importante à cette époque) et lorsqu’il rentre en Russie, il impose des réformes qui choquent la population comme raser les barbes alors que c’est considéré comme un signe de virilité, et il porte des vêtements occidentaux, donc des vêtements « démoniaques ». Son arrivée au pouvoir est une révolution ! La Russie devient un état laïque, il mène une politique anticléricale et transfert la capitale à St-Pétersbourg. En 1682, il devient tsar, en 1721, empereur. Il décédera en 1725 sans donner le nom de son successeur (ça aurait dû être sa femme, mais il a découvert qu’elle avait un amant. Ce dernier a fini décapité d’ailleurs. Vous l’aurez compris, il était différent 😉

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Pierre le Grand et Catherine II, ils sont présents partout à St Pétersbourg 😉 – Broken Boussole ©

C’était un homme simple qui vivait loin du faste de ses pairs. Ça se voit quand on compare sa maison aux palais pétersbourgeois ! La maisonnette de Pierre le Grand est située sur l’île de Petrogradskaya. C’est la toute première construction de l’île, et il parait que les ouvriers n’ont mis que 3 jours à la bâtir ! Aujourd’hui vous pouvez la visiter.

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La maisonnette de Pierre le Grand – Broken Boussole ©

Pour continuer le pèlerinage sur les traces de Pierre le Grand, j’ai voulu visiter la forteresse de l’île aux lièvres qui est ouverte tous les jours. A ce moment-là, je « souffrais » physiquement du froid. Le vent soufflait fort, la neige tombait à gros flocons et le ressenti était de -19.

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La Neva gelée et enneigée, au loin le pont Troitskiy – Broken Boussole ©

Là pour le coup avec mon slim et ma petite veste de tailleur sous le manteau, c’était… pas évident 😉 En plus de me maudire intérieurement de ne pas avoir étrenné mes vêtements thermolactyl, j’ai vécu une petite désillusion. Si la forteresse est ouverte tous les jours, ça n’est pas le cas de la cathédrale qui est fermée le mercredi. Je l’ai appris en me retrouvant le nez face à la porte. Le jour de fermeture n’était pas indiqué dans mon guide. Pourtant j’aurais aimé y entrer, après tout, la nécropole impériale est à l’intérieur. Ici reposent tous les Romanov…

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C’est fermé ! – Broken Boussole ©

La forteresse a été construite au 18ème : on y trouve la cathédrale bien sûr, ainsi qu’une prison et l’hôtel de la monnaie. Il y aussi une plage, sous la neige ce jour-là. Les russes viennent ici pour bronzer dès mars. Il parait que l’eau froide ça revigore !

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Près de la plage, comment ça vous n’imaginez pas une plage avec ce temps ? – Broken Boussole ©

Etant sur Petrogradskaya, j’en ai aussi profité pour aller voir de plus près le croiseur Aurore.  Impressionnant serait un bon terme pour parler de ce cuirassé amarré sur la Neva. Ce bateau a été construit il y a 118 ans et c’est un symbole révolutionnaire. C’est depuis l’Aurore qu’a été tiré le coup de canon annonciateur de la révolution d’octobre 1917. Il y a un musée à l’intérieur.

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Le croiseur Aurore, j’ai cadré l’immeuble à coté pour vous montrer la taille du bateau – Broken Boussole ©

Ma balade de 18 kilomètres à travers le blizzard m’a aussi permis de voir des pêcheurs installés au beau milieu de la Neva, une course de luge entre enfants ou encore des skieurs de fond sur route 😉

 

Cliquez sur les photos pour les agrandir – Broken Boussole ©

En rejoignant l’île voisine de Vassilievski, on peut ensuite emprunter le pont du palais qui offre une magnifique vue sur la Neva et l’Ermitage. On se retrouve alors sur la célèbre avenue Nevski, l’équivalent de nos Champs-Elysées. Les 2 bâtiments que j’ai le plus aimé sont des constructions Art Déco, et les 2 accueillent des flots de touristes et de russes.

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Depuis le pont du Palais, vue sur l’Ermitage et la Neva – Broken Boussole ©

Le premier bâtiment où je suis entrée est « La maison du livre ».  Au 1er étage de cette librairie, le café Singer donne pile sur la cathédrale de Notre-Dame de Kazan. Si je ne suis pas allée au café, je ne me suis pas privée pour me perdre dans les rayonnages de la librairie. En plus de nombreuses offres en termes de lecture, de nombreux kiosques sont dédiés à la vente de souvenirs touristiques au rez-de-chaussée. Pour info, en haut du dôme, il y a le siège social du Facebook russe : Vkontakte. [Petite parenthèse : Facebook fonctionne en Russie, mais pas Linkedin par exemple.]

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La maison du livre sur l’avenue Nevski – Broken Boussole ©

Le 2ème bâtiment est l’épicerie fine Elisseïev : j’y suis allée par curiosité pour voir à quoi ressemblait l’ancienne épicerie des tsars. On y trouve plein de choses très appétissantes – pains, jambons, caviar, homards, poissons fumés, pâtisseries, vodka, chocolats… mais les prix s’en ressentent ! Après tout, c’est une épicerie de luxe. Néanmoins, il est possible de prendre un goûter à l’intérieur pour vraiment pas cher et ça vaut le coup. Cf le futur article carnet d’adresses en Russie.

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L’épicerie Elisseïev sur l’avenue Nevski – Broken Boussole ©

Mon autre découverte, concerne la neige et l’hiver russe. Etant bretonne, et n’ayant été qu’une fois au ski, j’étais – et je suis toujours – comme une enfant. Ok, j’ai failli me vautrer au moins 30 fois mais bon. Plusieurs choses m’ont interpellé ou fait rire car je n’ai pas l’habitude :

  • Il faut éviter de prendre la confiance quand on marche : il y a toujours une plaque de verglas quand on ne s’y attend pas, c’est traître.  J’ai vu un mec se faire très très mal en me doublant… Il s’est étalé à cause d’une plaque d’égout.  Il faut également savoir que les gouttières s’évacuent à même le trottoir, des plaques de verglas épaisses de plus de 20 cm se forment à ces endroits-là.
  • Ici les voitures roulent avec 30 cm de neige sur le toit, et les conducteurs roulent vite même en ville. Le matin, on ne sort pas sa petite raclette pour le pare-brise mais une pelle et un balai pour dés-ensevelir le véhicule.
  • Même quand il fait -15, les mecs sortent en costard dans la rue et sans gants pour fumer !
  • Les flocons qui s’insinuent dans le nez quand on inspire, c’est extrêmement désagréable 😉 Idem quand le vent vous balance des flocons en pleine tête sous la capuche.
  • Ici avoir une poussette est une vraie galère. Du coup les parents qui trainent les enfants en luge avec une corde.
  • La batterie des téléphones se déchargent super vite même en mode avion quand il fait très froid.
  • Rien n’est adapté aux fauteuils roulants (idem à Moscou), d’ailleurs je n’en ai pas vu un seul.

Pour finir, St Pétersbourg est une ville où je me suis sentie bien, en total sécurité. Tout y est beau. J’y ai rencontré des gens drôles, aimables et parfois souriant (oui oui, quand on fait l’effort et qu’on essaye de s’exprimer en russe) : la fameuse contrôleuse qui m’a aidé à aller au théâtre voir le ballet, un acteur arménien avec qui j’ai réussi à tenir 30 minutes de conversation en russe et langue des signes, un groupe de français qui m’a demandé de les prendre en photo me pensant russe, ils ont été surpris que je réponde en français 😉, un russe qui m’a arrêté dans la rue pour savoir où j’avais acheté mon manteau, une vendeuse qui s’est évertuée à me parler mi-russe/mi-anglais pour trouver la chapka de mes rêves (l’achat le plus intelligent que j’ai fait d’ailleurs !)… J’ai même réussi à indiquer la station de métro la plus proche à des… russes (donc en russe).

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A l’intérieur de l’épicerie Elisseïev sur Nevski Prospekt – Broken Boussole ©

Autre élément capital (pour moi), sachez qu’ici, à chaque fois que vous dites bonjour à quelqu’un, il vous répondra ! Oui oui, c’est surprenant d’avoir une réponse à chaque fois 😊 En bref, St Pét c’est magique et je conseille vivement cette destination 😊

2 commentaires sur « Autour de la Neva : l’île Petrogradskaya, la forteresse Pierre & Paul et l’avenue Nevski »

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