1 mois en Russie : Moscou, Kremlin & place rouge

La visite complète du Kremlin de Moscou, un petit parcours du combattant même hors saison

C’est toujours avec une pointe de déception que je repense à cette journée, à cause d’une accumulation de petits détails qui ont gâché ma découverte du Kremlin. Mais du coup, grâce à cet article il ne nous arrivera pas les mêmes déconvenues 😉

1
Le Kremlin depuis l’autre rive de la Moskova – Broken Boussole ©

Un peu de vocabulaire : Kremlin veut dire forteresse. Il y a plusieurs Kremlin en Russie mais le plus connu est celui de Moscou, celui où officie Vladimir Poutine, le président de la Fédération de Russie. Ici, chaque tour du kremlin possède son propre nom mais la plus connue est celle dite du « sauveur », qui possède un carillon. Cette tour a été baptisée ainsi car une icône du Christ Sauveur était installée sur la porte – elle n’y est plus aujourd’hui. Le diamètre du carillon est de plus de 6 mètres. Sur la photo ci-dessous on aperçoit aussi le sénat : la coupole de l’autre coté du mur. C’est la résidence de travail de Poutine.

2,
La forteresse du Kremlin – Broken Boussole ©

C’est le berceau de Moscou. Autrefois, l’ensemble de la ville était abrité dans le kremlin. Initialement, il était en bois, suite à des incendies ou des sièges, le bois a été remplacé par des parois et des pierres blanches, puis cette façade a été consolidée par des briques rouges.

2
La tour du sauveur et son carillon – Broken Boussole ©

L’achat des billets

Tout d’abord, visiter le Kremlin dans son ensemble coûte cher. Il y a 3 visites différentes, et donc autant de billets à acheter :

  • Les cathédrales : 500 roubles
  • Le palais des armures : 700 roubles
  • Le fond de diamant : 500 roubles

Au total, la visite coûte 25€. A ce prix-là, vous avez l’interdiction de faire des photos dans les cathédrales, dans le palais des armures et dans le fond de diamant. C’est d’ailleurs pour ça que vous verrez très peu de photos à l’intérieur du Kremlin sur cet article. A titre de comparaison, j’en ai eu pour moins cher en mangeant au café Pushkin en 3 services avec vin et café inclus !

1ère déconvenue : interdiction de faire des photos, y compris avec le téléphone.

Mais le plus compliqué est déjà d’acquérir lesdits billets car le nombre de visiteurs à l’intérieur du Kremlin est limité et les groupes ainsi que les achats sur internet pré-réservent la quasi-totalité du quota. Du coup, la file d’attente devant les guichets pour acheter des billets le jour même commence tôt, bien avant l’ouverture. Donc c’est vous et votre chance.

Pour votre information, et c’est important :

  • Les guichets 4 et 5 vendent uniquement les billets pour le fond de diamant : impossible d’acheter des tickets sur internet ! Ils ouvrent avant ceux du Palais des Armures.
  • Les guichets 9 et 10 vendent uniquement les billets pour le palais des armures et ils ouvrent à 9h30. Je suis arrivée sur place à 8h50, il y avait déjà du monde à attendre. Le palais des armures peut se visiter à 10h, 12h, 14h30 ou 16h30.
  • Les autres guichets vendent des tickets pour les cathédrales.

2ème déconvenue : personne ne parle anglais aux guichets.

3ème déconvenue : mon billet pour le fond de diamant était valable à 10h. Du coup j’ai voulu savoir si je pouvais avoir un billet à 12h pour le palais des armures. Réponse catégorique : non, c’était 10h ou rien car tout était complet. Sauf que : j’avais déjà le fond de diamant à 10h et que les écrans avec les stocks de billets dispo à la vente affichaient 67 places dispo à 12h. Impossible de me faire comprendre et de savoir si les 2 billets à 10h pouvaient fonctionner en même temps (le fond de diamant étant situé dans le palais des armures). J’ai insisté en anglais/russe, et en mimant et parlant russe, elle m’a fait comprendre qu’il fallait que j’aille tout de suite au fond de diamant, et que je n’avais qu’à aller au Palais des armures à 11h30.

3,
Les dômes dorés – Broken Boussole ©

Le fond de diamant

Après avoir dépensé 1700 roubles j’ai été dans la file d’attente devant le portique de sécurité à l’angle sud-ouest du Kremlin (tour Borovitskaya). Le palais des armures est tout de suite sur la gauche quand on rentre par cette porte. Si vous continuez un tout petit peu plus loin, il y a une porte pour les personnes qui visitent le fond de diamant sans visiter le palais des armures.

Quand je suis arrivée au fond de diamant – après avoir déposé mon manteau au vestiaire –  on ne m’a pas laissé le temps de prendre un audioguide car il fallait repasser sous un portique. J’ai donc passé une heure à admirer des diamants, des saphirs, des rubis, des émeraudes, des améthystes, des bijoux, des couronnes, des lingots d’or, sans comprendre la visite guidée russe. Pour info, les groupes sont de 20 personnes max et il doit y avoir 4/5 gardiens qui patrouillent pendant les visites.

4ème déconvenue : une visite en russe alors que l’audioguide français est gratuit.

4
Vue sur le Kremlin depuis le pont du Butterfly – Broken Boussole ©

Le Palais des Armures

Par la suite, j’ai récupéré un audioguide au comptoir du palais des armures (différent donc de celui du fond de diamant). Sachez que l’audioguide en français est gratuit contre une caution de 1500 roubles (durée de la visite : 1h30). Comme à St-Pétersbourg, il faut porter des sur-chaussures.

Toujours dégoûtée d’avoir fait la visite à 500 roubles sans les explications, j’ai entamé la visite du palais des armures, le plus vieux musée de Moscou. On peut y voir les carrosses, les vêtements de cérémonie, les couronnes, ou les trônes des tsars (dont celui d’Ivan le terrible en ivoire) ainsi que l’équipement d’apparat des chevaux au rez-de-chaussée. A noter aussi, à l’étage, dans la salle de l’argenterie du 17ème au 20ème, il y a ma vitrine préférée, qui regroupe de très beaux œufs de Fabergé (sur la droite quand vous entrez dans la pièce). Pas le droit aux photos hein… Et je n’ai pas joué, dans chaque salle des surveillants veillent au grain.

Les cathédrales du Kremlin

Pour finir cette journée, j’ai visité la partie « cathédrales » : notamment la cathédrale de l’annonciation (qui servait de trésorerie aux princes et tsars), celle de l’assomption, celle de l’archange st Michel ou encore celle de la déposition de la robe vierge. L’intérieur ne vaut pas les cathédrales de St Pétersbourg, mais il y a des livrets explicatifs en français dans chacune. Il est aussi possible de visiter le palais des patriarches où de monter en haut du clocher (24 cloches) d’Ivan le Grand, pour cela il faut dépenser 250 roubles de plus.

Cliquez pour agrandir  – Broken Boussole ©

Vous pourrez aussi voir la cloche du tsar, kolokol : le morceau qui s’est décroché pèse plus de 11 tonnes, ça vous donne une idée de la taille et du poids de l’œuvre : 200 tonnes pour une hauteur et un diamètre de plus de 6 mètres !

8
La cloche du tsar – Broken Boussole ©

Ou encore le tsar pouchka : c’est une copie réduite du vrai canon de 40 tonnes. Il n’a jamais servi ! Initialement il était sur la place rouge et c’est Pierre le Grand qui l’a fait déplacer.

9
Le tsar Poushka – Broken Boussole ©

Vous pourrez apercevoir les bâtiments officiels de loin, aucun risque que vous vous approchiez, il y a des policiers et militaires partout qui vous diront gentiment de passer votre chemin 😉

Le palais du Kremlin par exemple, servait de résidence aux empereurs russes, aujourd’hui c’est la salle d’investiture des présidents russes et le lieu des cérémonies officielles de l’état.

11
Le palais du Kremlin – Broken Boussole ©

Bref, trop de déconvenues pour cette découverte du Kremlin. J’ai fait des choses bien plus intéressantes par la suite.

Longer le Kremlin depuis le Butterfly sur la Neva – Broken Boussole ©

PS : j’ai programmé la parution automatique de cet article il y a 2 jours car je suis actuellement en excursion au lac Baïkal pour quelques jours. Je ne suis pas sûre d’avoir du wifi là où je pars ! 😉

Une multitude de découvertes autour de la superbe place Rouge de Moscou

La place Rouge est à Moscou, ce que la Tour Eiffel est à Paris. C’est également le lieu le plus photographié de Russie et c’est la place principale du pays (330 mètres par 70). Pour introduire cet article, sachez que Moscou a été déclarée capitale de la Russie par Ivan le Terrible au 16ème siècle, avant que Pierre le Grand décide de donner ce titre à St Pétersbourg au 18ème siècle (et ça a duré jusqu’en 1917).

Le soir où je suis arrivée, je n’ai pas pu résister à l’appel de la place, et surtout, j’avais hâte de voir la cathédrale St Basile. Dès ma sortie du métro, j’ai été subjuguée par la beauté du lieu. On peut avoir vu des photos ou des reportages, rien ne vaut la réalité. Le noël orthodoxe ayant eu lieu moins 1 mois auparavant, j’ai pu apercevoir de nombreuses décorations encore en place, ainsi que le marché de noël et la patinoire devant le Goum, le trèèèès chic centre commercial de la place. J’ai adoré la déco à l’intérieur d’ailleurs, ça m’a rappelé le Printemps.

1
A l’intérieur du Goum ! – Broken Boussole ©

C’est en méga-glissade que j’ai rejoint la cathédrale St-Basile. Quelques jours avant, Moscou a connu des chutes de neige battant tous les records depuis des décennies. Les pelleteuses et camions étaient à l’œuvre, mais les pavés noirs (décidément) étaient quasi impraticables avec mes bottes ce soir-là. Et nous étions nombreux à battre des bras tous les 3 mètres… Passons.

Devant la cathédrale se tient le monument à Minime et Pojarski : ces 2 hommes ont soulevé la foule pour repousser les envahisseurs polonais et lituaniens. En 1818, suite à une collecte de fonds, une statue commémorative fut érigée sur la place rouge.

2
La statue commémorative au 1er plan – Broken Boussole ©

En arrière-plan, on aperçoit la majestueuse cathédrale St Basile, aussi appelée la cathédrale de l’intercession de la vierge ou la cathédrale Basile le Bienheureux. Elle a été commandée par Ivan le Terrible – le premier tsar de Russie – après sa victoire contre les tatares à Kazan. Ivan IV est un personnage qui porte bien son surnom, déjà en cours de civilisation j’avais été surprise par sa cruauté : quand il était adolescent, il enfermait des paysans dans une cage avec un ours pour s’amuser. Il a aussi tué son fils préféré dans un accès de colère. Et bien, suite à la création de la cathédrale St Basile, on raconte que le tsar a fait crever les yeux des architectes afin qu’ils ne puissent plus jamais construire pareille merveille. La cathédrale St-Basile a été baptisée ainsi à cause du thaumaturge de Moscou. Basile était un « fou » mais sa parole était respectée par le tsar et « dieu l’avait choisi pour porter la parole divine ». A sa mort, Basile a été canonisé par l’église russe.

3
Les bulbes de Saint Basile par grand soleil – Broken Boussole ©

Pour découvrir l’intérieur de la cathédrale, il vous en coûtera 500 roubles (et non pas 250 comme indiqué dans l’édition 2018 de mon guide !). En ajoutant un audio guide, c’est 500 roubles de plus. Par contre ici les photos sont autorisées, c’est assez rare dans le coin pour le souligner.

4
A l’intérieur de la cathédrale St Basile – Broken Boussole ©

Je crois qu’après les intérieurs de St Isaac et St Sauveur sur le sang versé, je ne trouverais pas d’équivalent. Mais extérieurement, c’est St Basile qui remporte la bataille.

Lors d’une de mes nombreuses visites sur la place, je suis descendue à l’arrêt de métro « Loubianka ». J’y ai aperçu l’ancienne prison du KGB, qui est aujourd’hui le siège du FSB.

5
La loubianka – Broken Boussole ©

Puis j’ai rejoint la rue Nikolskaya, éclairée même en plein jour. La rue est sympathique à parcourir et l’architecture de certains bâtiments est très travaillée !

6
J’ai détaillé la rue nikolskaya plusieurs fois 😉 – Broken Boussole ©

C’est aussi ici que j’ai vu le shift de 2 Staline, et un Lénine poser avec un garçon. Oui, St Pétersbourg à ses Pierre le Grand et ses Catherine II, Moscou à ses Staline, Lénine et Ivan le terrible !

7
La rue Nikolskaya est éclairée de la loubianka à la place rouge ! – Broken Boussole ©

Située au bout de la rue Nikolskaya, la  cathédrale Notre-Dame de Kazan a été reconstruite à plusieurs occasion déjà. Une première fois en 1636 à cause d’un incendie, et dernièrement au 20ème siècle, quand les bolcheviks l’ont intégralement détruite. C’est tout petit, les photos sont interdites à l’intérieur, mais j’y suis allée pendant une liturgie et la salle était comble. L’entrée est gratuite.

8
La cathédrale Notre-Dame de Kazan – Broken Boussole ©

Le mausolée de Lénine… Cette visite gratuite est un tantinet bizarre. Je suis arrivée sur la place rouge vers 10h30 et il y avait déjà une file d’attente. Après 20 minutes (les pieds s’engourdissent !), et un passage sous le portique de sécurité, nous avons pu longer les murs du kremlin, pour rejoindre le mausolée et voir le corps de Lénine dans son sanctuaire vitré. Il est interdit de prendre des photos et de parler à l’intérieur. Logique. Attention, le mausolée n’est ouvert que 3 heures, 3 jours par semaine.

9
En longeant le Kremlin avant d’entrer dans le mausolée – Broken Boussole ©

Le musée historique d’état se trouve à l’opposé de la cathédrale St Basile sur la place rouge. Je ne l’ai pas visité mais la file d’attente a été impressionnante tous les jours (oui je suis souvent passée par la place rouge) ! Je ne m’imagine pas du tout patienter dehors sous la neige et le vent pendant 2 heures.

10
Le musée d’état à gauche, la cathédrale ND de Kazan à droite – Broken Boussole ©

Pour terminer, je voulais vous parler de la cathédrale du Christ Sauveur qui n’est pas sur la place Rouge, mais elle n’est pas loin. C’est la plus grande cathédrale de Russie. Il faut savoir que Staline a fait dynamiter cet édifice religieux en 1931 pour être transformée en … piscine à ciel ouvert !  Pour rappel, la seule pratique religieuse tolérée était le communisme à cette époque.

11
La cathédrale du Christ Sauveur depuis la rive opposée ❤ – Broken Boussole ©

Elle a été reconstruite à l’identique au début des années 90. L’entrée est gratuite mais les photos sont interdites. Pour info, et je recommande, vous avez la possibilité de monter en haut des clochers pour 300 roubles. A ce prix là, on a une vue à 360° sur Moscou via 4 terrasses différentes. J’ai pris les escaliers, mais je crois qu’il y a des ascenseurs.

12
Depuis une des terrasses du Christ Sauveur – Broken Boussole ©

Je profite d’être entre 2 excursions sibériennes pour compléter le blog avec mes découvertes moscovites. A venir, une descente sous terre, car oui j’ai visité un bunker de la guerre froide ! 😉

Visites « Guerre Froide » à Moscou : le bunker 42 et le musée des cosmonautes

Vous avez pu vous en rendre compte à travers mes articles, j’aime l’histoire. Aussi, j’ai voulu visiter un lieu très spécial à Moscou, un symbole soviétique de la période « Guerre froide » : le bunker 42. Pourquoi visiter un bunker ? Vous en conviendrez, l’occasion de visiter un bunker est assez rare, et c’est aussi original que visiter la prison de l’île d’Alcatraz à San Francisco 😉 Pourquoi 42 ? Et bien, cela veut juste dire qu’il y en a au moins 41 autres… 😉

Cette visite était sur ma to do list cependant j’y suis allée au petit bonheur la chance. Je savais qu’il y avait 2 visites en anglais par jour, dont une à 13h30 mais que la réservation était obligatoire. Comme tout est une question de karma, j’y suis allée un samedi à 13h20, sans avoir réservé (mi-février). Grâce à mon appli Google Maps et ma carte de Moscou hors-ligne, j’ai pu trouver très facilement l’entrée, à savoir un portail vert !

1
L’entrée du Bunker 42 – Broken Boussole ©

Une fois devant le portail, j’ai sonné à l’interphone. Après une question de mon interlocuteur russe j’ai juste répondu que « malheureusement je parlais mal le russe », ça l’a fait rire, a ouvert et m’a dit que je devais travailler plus le russe et moins l’anglais. 😀

J’ai pu acheter un billet à la caisse et rejoindre les 7/8 personnes qui étaient arrivées pour la visite. Dès le départ, notre guide nous a prévenu que nous allions descendre à 65 mètres sous terre via des escaliers. Il a insisté sur le fait qu’il faudrait remonter (effectivement, ça pique !).

2
Au cœur du bunker – Broken Boussole ©

Il faut savoir que le bunker 42 a été déclassifié en 2000. En 2006, il a été ouvert aux visites pour la première fois, c’est d’ailleurs le seul bunker accessible au public.

Une fois en bas, notre visite a débuté dans les couloirs. Le bunker a été construit sur demande de Staline. La construction a duré 4 ans, et c’est un complexe de 4 blocks qui s’étend sous le quartier de Taganskaya. Je n’imaginais pas du tout ça quand je suis arrivée devant le portail d’un bâtiment quelconque… en même temps c’était le but 😉

3
Et oui ! Un tapis rouge dans les couloirs – Broken Boussole ©

Mis en service en 1956, ce bunker était un poste stratégique du commandement des forces nucléaires, et il a fonctionné jusqu’en 1985. D’ailleurs, en cas d’attaque, près de 600 personnes auraient pu y vivre pendant 1 mois  !

4
Un mannequin au travail 😉  – Broken Boussole ©

Nous avons pu découvrir comment on vivait, travaillait ou communiquait sous terre. Nous avons aussi découvert le bureau de Staline. Et c’est sur la BO de Requiem for a dream que nous avons assisté au lancement d’un missile nucléaire… lancement effectué par 2 visiteurs.

5
Le bureau de Staline – Broken Boussole ©

Nous avons également découvert une salle où nous avions interdictions de prendre des photos. Il y avait des uniformes d’époque, des attachés case qui servaient à transporter les documents secrets, des codeurs, une machine pour envoyer des messages en morse… et surtout une maquette du complexe sous terrain avec ses différents points d’accès à la surface.

0
La salle de commandement (J’adore cette photo !) – Broken Boussole ©

Pendant la visite, j’ai été surprise par le bruit. En fait, le bunker est exactement à la même profondeur que le métro ! La ligne circulaire 5 passe juste à côté. Si je vous en parle, c’est aussi parce que les personnes qui ont construit le bunker pensaient construire une ligne de métro et ses installations électriques ! Bien sûr, un projet aussi top secret ne pouvait pas être connu par la population. Donc le KGB contrôlait tous les travailleurs et les ouvriers étaient amenés dans des voitures aux vitres opaques. Des tunnels secrets, permettaient aussi de rejoindre le tunnel du métro pour acheminer des marchandises.

7
Carte d’attaque, maquettes de missiles… – Broken Boussole ©

A part ça, à la fin du tour vous aurez une petite frayeur/surprise/attraction, je n’en dirais pas plus 😉 Le tarif est élevé, mais je ne regrette pas cette visite que j’ai trouvé très intéressante.

A noter : il y a 2 visites en anglais par jour, le cold war tour à 13h30 pour 2200 roubles ou le declassified tour à 18h30 pour 1800 roubles. Autres possibilités : vous pouvez demander une visite privée, ou faire la visite à d’autres heures en russe avec un audioguide (anglais). Dans un des 4 blocks, il y a un restaurant, que je n’ai pas testé.

Pour continuer sur ma lancée découverte des vestiges de l’URSS, je me suis rendue dans le parc VDNKh ou on peut se balader entre des statues ou d’anciens avions militaires de l’URSS. J’ai emprunté l’allée des cosmonautes, m’arrêtant devant les statues de Youri Gagarine, premier homme à avoir été dans l’espace et celle de Valentina Terechkova, première femme à avoir été dans l’espace !

Valentina Terechkova & Youri Gagarine – Broken Boussole ©

Nous avons tous appris à l’école que Guerre Froide rime avec course à l’espace. J’ai donc décidé de visiter le musée des cosmonautes, dont l’entrée se situe sous le monument des conquérants qui fait plus de 110 mètres de haut ! Vous voyez la fusée en haut ?

10
Le monument des conquérants vu de face – Broken Boussole ©

L’entrée m’a coûté 250 roubles. Pour avoir le droit de faire des photos ou des vidéos il faut payer 230 roubles de plus. J’avais préparé mes billets, mais la vendeuse m’a dit que pour les photos avec un téléphone c’était gratuit. Vous pensez encore que les russes ne sont pas sympas ? Vous croyez aux clichés 😊

11,
En tenue ! – Broken Boussole ©

Envie de voir des capsules, sondes, satellites ou fusées de plus près ? – Broken Boussole ©

12
La sonde Luna 9 ayant atterri sur la lune le 3 février 1966 – Broken Boussole ©

J’ai été étonné, le musée est assez interactif et bien construit. On passe dans plusieurs salles ou plutôt bâtiments, chacun ayant un thème : satellite, fusée, habillement… Il y a vraiment énormément de choses à voir, et même pour des néophytes la visite est intéressante 😊

11
La bouteille de champagne « Vin fou » ainsi qu’un globe lunaire – Broken Boussole ©

La photo ci-dessus est un clin d’œil français. Henri Maire avait parié 1000 bouteilles qu’il était impossible de voir la face cachée de la lune. Quand la sonde Luna 3 a réussi cet exploit le 4 octobre 1959, le français a honoré son pari en envoyant les bouteilles à Moscou. Le musée en a récupéré une pour l’exposer.

J’ai aussi pu faire un tour à l’intérieur de la station Mir, découvrir les lits à la verticale, les « toilettes/tuyaux » ou encore les tableaux de commande 😊

Station Mir – Broken Boussole ©

Par contre quand on aime le calme, visiter le musée des cosmonautes un samedi après-midi c’est une mauvaise idée… c’est le jour de sortie des enfants 😂 En bref, c’était encore une belle journée en Russie 😉

Pérégrinations dans Moscou & croisière en brise-glace sur la Moskova

2 jours de visites entre le sud de Moscou et la Moskova. 2 jours complètement opposés d’un point de vue météorologique. Le jour où j’ai marché plus de 20 kilomètres en extérieur il a neigé à gros flocons, le vent était fort et la visibilité très très mauvaise, alors que le jour de croisière fut ensoleillé avec un beau ciel bleu, ce qui est assez rare à Moscou l’hiver (d’après les habitants) 😉 Commençons par la journée ou j’aurais dû découvrir un magnifique panorama sur Moscou.

La colline des moineaux (sparrow hill), anciennement appelée la colline de Lénine, m’avait été recommandée pour son panorama sur la ville. Ce dimanche matin, malgré la météo, j’ai rejoint la station de métro vorobi gory puis toujours grâce à mon app Google Maps j’ai pu trouver facilement mon chemin à travers la forêt pour rejoindre le point de vue panoramique.

1
Sans l’appli je n’aurais pas trouvé tout de suite – Broken Boussole ©

Et ce qui devait arriver, arriva. A cause de la neige et du brouillard, je n’ai pas vu plus loin que le stade Loujniki dans le complexe olympique situé juste de l’autre coté de la Moskova. A noter, c’est sur la rue Kosygina que j’ai aperçu des joggeurs pour la première fois depuis mon arrivée en Russie.

2
A part le stade, on ne voit pas grand-chose… – Broken Boussole ©

N’étant pas ravie de la vue sur la ville, je me suis retournée pour admirer l’Université de Moscou, située à quelques mètres de là. Cet énorme bâtiment – que j’adore – est l’une des 7 sœurs staliniennes.

3
L’Université de Moscou – Broken Boussole ©

Comme le nom l’indique, c’est Staline qui est à l’initiative de ce projet. Après la seconde guerre mondiale, il a décidé de faire construire 8 gratte-ciels pour symboliser les 800 ans de Moscou. Seule 7 tours ont été construites, et elles sont baptisées les 7 sœurs. Pendant mon séjour, j’ai fait en sorte de pouvoir toutes les apercevoir.

Les 6 autres sœurs, cliquez pour agrandir – Broken Boussole ©

Par la suite, j’ai rejoint le couvent Novodievitchi que je voulais visiter. En arrivant, j’ai vu que la quasi intégralité des tours et des dômes étaient en rénovation sous des bâches vertes. J’ai donc renoncé à payer, mais j’ai pu accéder gratuitement au cimetière. J’avoue que visiter un cimetière n’est pas vraiment le genre de chose qui me branche (je n’ai même jamais été au Père Lachaise), mais ici vous pourrez vous promener entre les tombes de Karl Marx, Boris Eltsine, Nikita Khrouchtchev, Anna Pavlova ou encore Anton Tchékov. Le jour ou j’y suis allée, les tombes étaient recouvertes de neige (plus de 50 centimètres).

10
L’enceinte du couvent sur la droite et le cimetière de Novodievitchi – Broken Boussole ©

Après cette déconvenue, j’ai lutté contre le vent et la neige pour faire un tour dans l’ancien complexe olympique Loujniki. Et je me suis rétractée à cause de la météo. Je ne sentais plus mes doigts et mes joues, et je voulais absolument visiter le parc Gorki, encore en extérieur.  J’ai donc pris le métro à Loujniki (ligne circulaire 14) et je dois dire que j’ai plus eu l’impression d’être à bord d’un TGV qu’un métro !

Le parc est situé au bord de la Moskova, non loin de la galerie Tretyakov. En été, les lieux doivent être bondés ! En hiver, c’est plutôt le lieu incontournable pour patiner. Presque toutes les allées sont recouvertes de glace, et ce sont des milliers de patineurs qui s’y croisent.

11
Le parc Gorki, une piste de patinage à ciel ouvert- Broken Boussole ©

Pour finir cette journée, je me suis rendue au marché d’Izmaïlovo, qui est un endroit réputé pour acheter des souvenirs en tout genre. Personnellement je n’ai pas du tout aimé. Certes, l’architecture de ce Kremlin commercial est sympa, mais y aller seule quand on ne parle pas russe n’a pas vraiment d’intérêt. J’avais l’impression d’avoir une pancarte « Pigeon » sur le dos, du coup j’ai traversé le marché rapidement sans même m’arrêter dans les stands.

12
 La seule photo que j’ai prise au marché – Broken Boussole ©

Le lendemain j’ai voulu terminer ma visite de Moscou en apothéose, et j’ai réussi mon coup… Après un déjeuner dans le restaurant italien du Radisson, j’ai été acheter un billet pour une croisière de 2h30 sur la Moskova à bord du Butterfly, un bateau appartenant à la flotte du Radisson Royal Moscou, la seule flotte habilitée à naviguer en hiver.

J’ai acheté ma tranquillité en prenant 1 billet en first (1600 roubles contre 750 roubles pour un billet classique) pour la croisière du lundi après-midi 15h00-17h30. L’embarquement ouvre 30 minutes avant le départ et j’étais un peu en avance. Du coup la vendeuse m’a proposé d’entrer dans le Radisson pour voir une gigantesque maquette : le diorama de Moscou. Sachez que l’accès est gratuit et ouvert au public, il suffit d’entrer dans l’hôtel et marcher tout droit pour se retrouver devant la maquette qui fait 16 mètres de longueur pour 10 mètres de profondeur et 6 mètres de hauteur !

13
Une partie du diorama de Moscou – Broken Boussole ©

Cette œuvre a été construite en 1977 pour l’exposition Nationale en Amérique. Elle a tellement impressionné qu’elle a, par la suite, été exposée dans divers pays européens dont la France. Puis en Russie avant d’être finalement achetée aux enchères pour être exposée au Radisson Royal de Moscou – anciennement hôtel Ukraine.

Un savant jeu de lumière montre le Kremlin et la place Rouge de jour comme de nuit. Un écran tactile permet de lire des descriptions (y compris en français) à propos des monuments et il y a également plusieurs casques avec audioguide disponibles pour écouter l’histoire du diorama.

Après cette belle parenthèse, j’ai rejoint le Butterfly et le pont supérieur où se trouve la cabine First. A l’intérieur, il n’y a que 28 couverts, nous étions 3 + 2 serveurs. NB : il y a du wifi à l’intérieur du bateau, mais pour y accéder, il faut avoir un numéro de téléphone russe.

14
Le salon first – Broken Boussole ©

La croisière a été sublime, on peut apercevoir plusieurs dizaines de monuments ou bâtiments célèbres, le personnel est aux petits soins, nous avons eu le droit à des verrines offertes. La carte des boissons est assez conséquente. Vous pouvez aussi commander à manger ou juste un dessert.

15
La maison du gouvernement – Broken Boussole ©

Bien sûr, vous pourrez sortir sur le pont autant de fois que vous en aurez envie. Ne faites pas comme moi, ne tentez pas la sortie en t-shirt/veste de tailleur, récupérez directement votre manteau au vestiaire 🙂

16
Le couvent de Novodievitchi en travaux – Broken Boussole ©

Bien sûr, notre route nous a mené vers le Kremlin et la place Rouge, en passant par la cathédrale du Christ Sauveur.

17
Le Kremlin – Broken Boussole ©

Sur la rive opposée, vous pourrez apercevoir Octobre Rouge. Anciennement, ce bâtiment était une usine de chocolat, aujourd’hui c’est un lieu hype pour sortir en boîte, manger ou faire du shopping.

18
L’ancienne usine Octobre Rouge – Broken Boussole ©

Juste à côté, vous ne pourrez pas manquer la « grande / gigantesque / démesurée » statue de Pierre le Grand. L’artiste, Zourab Tsereteli avait construit une sculpture représentant Christophe Colomb pour un concours. La sculpture a été refusée. Tsereteli a donc rebaptisé sa sculpture Pierre le Grand et l’a offerte à Moscou. Quand on sait que le tsar détestait Moscou…

19
La « petite » statue de Pierre le Grand – Broken Boussole ©

C’est sur un magnifique coucher de soleil que s’est achevée mon ultime visite dans Moscou. Je recommande vivement cette visite en croisière. Des tours sont aussi organisés de nuit, il y a également un bateau restaurant, et des yachts privatisables dans la flotte du Radisson.

20
Au fil de l’eau sur la Moskova – Broken Boussole ©

La suite se déroulera en Sibérie 🙂

 

 

2 commentaires sur « 1 mois en Russie : Moscou, Kremlin & place rouge »

  1. c ‘est vraiment magnifique ! Merci Marine de nous faire partager toutes ces merveilles au travers de ton périple. J’espère que tu vas bien et que tu résistes au froid . Bisous. Céline

    J'aime

  2. Hey ! Oui ça va, je suis habituée maintenant, mais c’est le vent qui est traître et qui fait chuter la température ressentie sous les -30… Aujourd’hui il fait -9 seulement et j’ai chaud 😀 On se reverra peut-être à AW en mars 🙂 bisous

    J'aime

Répondre

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion /  Changer )

Photo Google

Vous commentez à l'aide de votre compte Google. Déconnexion /  Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion /  Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion /  Changer )

Connexion à %s